Jonone : Free Spirit

Jonone Free Spirit Bordeaux

L’exposition de John Andrew Perello, Jonone ,  » Free Spirit » démarre samedi 25 septembre et sera visible jusqu’au 27 février 2022 à Bordeaux. Initialement prévue en mars 2020 elle signe la ré-ouverture tant attendue de L’Institut Culturel Bernard Magrez. Renseignements directement sur le site de l’Institut pour accès.

Jonone : La peinture est un mode de vie

Jonone, figure incontournable du graffiti a grandit à New York. Enfant, il tisse ses premiers liens avec la peinture. Au grand damne de sa mère car il peignait et dessinait sur les murs de sa chambre.  » Ma mère elle pétait les plombs, je dessinais, elle nettoyait, je continuais ».

Jonone, Free Spirit Bordeaux Institut Culturel bernard Magrez, Bordeaux StreetCulture,Tézia
Jonone – Free Spirit photo @tezia

Il a pu profiter de l’étage du Château dédiée a des créations « in situ ». C’est ainsi qu’une des pièces est complètement recouverte de peintures, tags, drips . Alors, il nous explique alors qu’il y a certainement un ressemblance avec sa chambre d’enfant.

« Petit j’avais compris et je savais qu’on pouvait pas plaire à tous, mais pour moi tout ce qui comptait c’était la peinture. Elle me permettait de m’échapper de la réalité. Puis c’est le hasard de la vie qui m’a poussé, ce n’est pas une carrière mais un mode de vie« .

Jonone

L’importance des couleurs pour Jonone

Jonone,. Free Spirit Bordeaux . Institut Culturel bernard Magrez . Bordeaux StreetCulture Tézia
John Perello

Adolescent il est fasciné par la peinture de rue qu’il peut retrouver dans le métro qu’il emprunte  » Lorsque je prenais le métro, je voyais ces trains, qui étaient peints et c’était pour moi des flashs. Des couleurs qui sortent d’un tunnel à toute allure créant ainsi une abstraction. J’ai vu ces trains et je me suis dis « Qui fait ça? Pourquoi?  » Et je trouvais ça trop cool les gens qui peignaient dans le métro et je voulais faire pareil ».

De fait, on retrouve dans son style cette abstraction de couleurs. Il à voulu recrée la sensation de quelque chose qui bouge à toute vitesse. « ça ne m’intéressait pas de faire quelque chose de figé et figuratif »

Enfin, à 17 ans il est fondateur du 156 crew avec d’autres graffeurs et amis.  » Je ne voulais pas être comme la plus part des gens . »Tu dois faire ceci, et pas ça ». Je ne voulais pas être « le commercial que tout le monde aime ». Moi j’aimais peindre mon nom « JONONE » et si je pouvais toucher quelqu’un dans mon quartier ou quelques amis quand je le faisais, et bien c’était cela qui était important pour moi et les autres je m’en foutais »

Free Spirit: Une Exposition Unique

Pour réaliser cette exposition l’Institut Culturel Bernard Magrez a rassemblé les œuvres de collectionneurs privés, des œuvres originales de Jonone . Mais aussi des création in situ; faites par l’artistes directement au cœur du château bordelais durant plusieurs jours et nuits! C’est ce travail acharné qui rend l’exposition unique.

D’une part, le rez de chaussée est organisé dans le but de faire découvrir aux visiteurs le monde et le style de Jonone.

D’autre part, l’étage est une ligne de création in situ, d’un incroyable contraste. Ainsi, pour Free Spirit, le château du 18eme prête ses murs à un art qui à pour origine les murs de la rue, le graffiti.

Unique tout comme la Jaguar personnelle de Mr Bernard Magrez, ami de longue date de John Andrew Perello. Elle est forcement visible à Bordeaux, aux pieds du château.

Jonone, Institut Culturel Bernard Magrez,  Jaguar Bordeaux StreetCulture Tézia
Jaguar de Mr Magrez peinte par Jonone photo @tezia

« Je crée mon monde à moi, un monde très coloré dans l’abstraction, c’est ma manière de confronter la vie. Cette vie où il faut mettre sa ceinture et conduire à 100 à l’heure, et là c’est plus du quotidien, c’est la liberté, le Free Spirit ! »

Jonone
Jonone, Free Spirit Bordeaux Institut Culturel bernard Magrez, Bordeaux StreetCulture Tézia
photo @tezia

Il faut avoir la pêche! J’aime peindre des choses très colorées, libres et énergiques. A l’image de la vie, j’aime composer du très lisible au fondu. Donner de la joie et de l’énergie, mais je ne sais pas de quoi est fait demain, l’effacement dans le temps. Un peu comme une bougie qui fond.

Jonone

Free Spirit, reflet de la vie de Jonone

Ainsi, Jonone partage avec nous au fil de cette exposition un peinture très sincère, intimement liée à sa propre existence et aux différentes phases de sa vie: jeunesse, paternité. Durant le vernissage il repasse sa main le long de certaines toiles, se rappelle lorsqu’il les a peintes « les toucher, comme je suis le seul à pouvoir le faire, me rappelle tellement de souvenirs ».

Remerciements à l’équipe de l’Institut Culturel Bernard Magrez et Jonone.

Infos Utiles Free Spirit

Photos et contenus médias ne peuvent être utilisés sans autorisation de @tezia

Bordeaux StreetCulture

1000 M2 : un espace artistique à Bègles

Situé dans un ancien bâtiment industriel ; 1000 M2 se compose de 800 m2 dédiés à la création d’ateliers partagés ainsi qu’une galerie d’art de 200 m2. L’espace extérieur est quant à lui utilisé comme espace de libre expression où les fresques murales des artistes résidents fleurissent. Cependant, ces fresques pourront évoluer au grès du temps, des envies et des invitations lors de divers évènements à venir

La scène locale girondine mise en avant

Le bâtiment est composé de 800m2 d’ateliers individuels investis par Charl Zarl, Chloé SAGNOL, EPIS, Mt., Jean Rooble, Landroïd, Stéphane Carricondo, Tomas Lacque et TRAKT. Chacun ayant son univers, c’est ainsi que le graffiti, la sculpture, la rupture visuelle, la recherche autodidacte mélangeant les genres, le surréalisme, l’insolite en fusion avec la technologie, la recherche vibratoire et spirituelle, le minimalisme et le sens du détail cohabitent au sein de cet espace de création.

Enfin, les 8 artistes résidents sont reconnus pour leur implication dans la vie culturelle et artistique régionale. 1000 M2 est donc un lieu dédié au développement professionnel et à la diffusion de la scène locale. Les 200M2 de galerie sont donc dédiés aux artistes et collaborations diverses.

1000 M2 Un espace ouvert au public

Le collectif prévoit d’animer des ateliers de découverte ou d’initiation à destination de tous les publics. De fait, des visites sont possibles, sur réservation pour le moment. Celles-ci sont disponibles via le site https://www.1000m2.org/visites/

Epis lecoktail 1000M2 EP1S
EPIS /photo @tezia

Aussi, nous te conseillons de suivre de près les actus sur le site (onglet « programme 1000 M2 » et « réserver votre visite »)

Une première exposition:

Suite aux visites des ateliers lors de l’inauguration, 1000 M2 propose sa première exposition. « Ruptures » du vendredi 12 dimanche 14 février par Mt. (Pensez à réserver sur leur site internet).

INFOS UTILES

A noter que le site internet https://www.1000m2.org est réellement le lieu où se trouvent toutes les infos concernant les expos et évènements à venir.

Landroïd/ photo @tezia

Source article : communiqué de presse 1000M2. Photos réalisées lors de la visite inaugurale de décembre 2020. Remerciements aux artistes

Terrain d’entente : Rouge Hartley et Chloé Tiravy au cœur de la galerie Magnetic ArtLab

magnetic artlab

Terrain d’entente c’est le nom de la nouvelle exposition qui se tiendra du 4 décembre au 9 janvier prochain à la galerie Magnetic Artlab. Les deux artistes Chloé Tiravy et Rouge Hartley seront présentes ce vendredi 4 décembre, dès 17h pour le vernissage. Une occasion de venir les rencontrer!

Deux artistes, un seul terrain : l’émotion

La peinture possède son langage propre, et ne devrait avoir besoin de discours pour s’adresser à l’œil, au cœur, et à l’intelligence de celui qui la regarde. C’est ainsi convaincues que la peinture ne peut être réduite à l’illustration d’un énoncé conceptuel que Rouge Hartley et Chloé Tiravy lancent avec terrain d’entente une adresse directe. Revendiquant le droit au sentiment, à la poésie, à la narration et à la beauté.

Alors, leur direction est claire : multiple, inventive et sans contrainte. Ce qui fait naitre une collaboration originale avec un gout commun et passionné pour la figuration.

Résolument peintres

Chloé Tiravy est une peintre autodidacte. Elle envisage la toile comme la scène d’un théâtre. Aussi, ce qui s’y déroule est le fruit d´une mise en scène réfléchie: elle orchestre la mise en lumière et la chorégraphie des corps, et le décor est pensé à la manière d’une scénographie. Pour ce faire, dans ses peintures elle confronte de jeunes adultes à des objets du passé, à des symboles millénaires, et interroge ainsi la relation de notre propre génération à son héritage culturel.

Rouge Hartley est attachée au dessin et à la peinture, elle trouve sur les murs un droit à la figuration et à l’engagement. Diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux en 2014, avec pour recherches principales : les enjeux de valeurs et de propriétés, le milieu urbain et ses précarités, et le féminisme.
Enfin, Rouge travaille depuis ses débuts par collage ou fresque dans l’espace public, parallèlement à une pratique rigoureuse en atelier. De ce fait, le mur et le quartier, comme la toile et le papier lui offrent l’occasion de figurations jamais symboliques mais toujours narratives.

Rouge Hartley peint pour le Mur Du Souffle en 2019,
photo @tezia

Pour en savoir plus et infos pratiques:

Vendredi 4 décembre 17h est un moment à ne pas manquer pour rencontrer les artiste et apprécier leur travail. RDV à la galerie Magnetic Artlab (Place Paul et Jean Paul Avisseau -Chartrons)

  • Pole Magnetic

Instagram : PLMGTC
Facebook : Magnetic ArtLab
Vernissage Sur inscription uniquement (mesures sanitaires) :
https://calendly.com/terraindentente/vernissage

  • Chloe Tiravy

Instagram : chloe_tiravy
Facebook : chloe.tiravy
www. https://www.tiravy.com

  • Rouge Hartley

Instagram : rouge.hartley
Facebook : rouge.hartley
www. https://www.rouge-art.net

Asu : calligraphie et révélation spirituelle

Asu Calligraphie

Nous avons pu rencontrer Asu lors de l’exposition arborescence qui se tient à la galerie Magnetic Artlab du 4 septembre au 10 octobre 2020. Avec une expérience de plus de 10 ans de calligraphie, à 30 ans aujourd’hui Asu vie à plein temps son art qui lui apporte également une dimension spirituelle.

Calligraphie du rêve à la réalité

Asu tire son blaze de «asubakatchin » qui signifie attrape rêve en amérindien.

A l’adolescence, Asu fait une école de peintre en lettre puis il étudie les arts graphiques à Lyon. Il arrête ses études. Asu se cherche, il sait qu’il veut travailler dans l’art. Mais quoi exactement ? Il l’ignore. Il avait très envie de toucher à la peinture mais ne le faisait pas. Une nuit il rêve qu’il fait de la calligraphie, c’est une révélation pour lui. Le lendemain matin il part acheter une calame.

La calligraphie :démarche spirituelle et multidimensionnelle d’Asu

Comme il se centre plus sur l’énergie que sur le texte, il crée son propre alphabet inspiré de la calligraphie arabe. Ses lettres sont également mêlées au solfège ; ainsi sa recherche graphique peut faire penser à des partitions.

« Je m’intéresse à la spiritualité, que tout ce qui vie vibre. Aussi, du fait de l’abstrait, chacun va faire sa propre interprétation, ce qui amène un effet de reflet. Tu ne vas pas voir quelque chose de concret, tu vas voir qui tu es par ce que tu ressens comme vibration ».

Ici il a pensé au thème de l’arborescence et c’est à chacun d’avoir sa libre interprétation. C’est un grand trait de la calligraphie abstraite : chacun peut voir des choses différentes et faire sa propre interprétation.

« Je n’écris plus rien, je ne veux pas écrire des choses, j’ai besoin que cela soit intuitif et vibratoire. »

Des couleurs choisies, dépendantes des humeurs de Asu .

Très inspiré par Espagne et l’ Orient, Asu aime faire penser au sacré « j’utilise de l’or, du rouge, du bleu et du bordeaux, cela évoque pour moi les mosaïques et les vitraux, quelque chose d’ordre spirituel »

« Je peins en fonction de mon humeur. J’aime le parallèle d’améliorer mon art et m’améliorer en tant que personne. Plus je me cherche plus je me trouve et plus je trouve mon art ».

Un travail de la matière :

Asu aime l’idée de chercher à l’intérieur des choses, de transformer un élément ancien en un nouveau sujet. Pour lui cela revient à se purifier, évoluer, comme peut le faire un être humain.

Il a l’idée de recouvrir des toiles anciennes qu’il n’aimait pas. Accidentellement la peinture ne tenait pas car c’est compliqué de recouvrir une peinture métallique.

« Je cherchais à rendre mon travail plus texturé, à lui donner du relief. J’ai commencé à recouvrir puis j’ai vu que la peinture s’écaillait. Puis l’ancienne œuvre avec ses courbes de calligraphie est réapparue, se mêlant subtilement à la nouvelle composition. »

« Au moment où je réalise cette idée, j’ai commencé à avoir peur lorsque j’ai vu la peinture qui commençait à bouger et s’écailler, je ne savais pas vraiment où j’allais, c’était une réelle découverte, une prise de risque, mais j’étais satisfait du résultat. »

Toile N°6, collection Archéologie, photo @tezia

Ce nouveau procédé qu’il découvre lui fait penser à quelque chose d’antique et d’oublié qui peut resurgir. Le fait que ce qui est représenté soit abstrait renvoie à cette sensation que peut avoir un archéologue « on ne sait pas encore totalement ce qui est écrit en Egypte par exemple »

Les calligraphies d’Asu ne portent pas de nom mais des numéros. « C’est moins propice à guider l’interprétation ». Son univers riche en évolutions réunis donc couleurs, formes, abstrait et libre interprétation.

L’exposition arborescence

La galerie Magnetic ArtLab présente l’exposition « Arborescence », analogie entre l’arbre et l’homme autour d’un langage universel, l’expression artistique.
Comme l’écrivait Platon: « L’homme est une plante céleste. »
« Des lignes de vie ciselées dans la paume des mains à la ramification généalogique, des racines comparables au système vasculaire à l’image des forêts associée au poumon de la Planète, ou encore une silhouette structurelle identique » ‟Arborescence” a résonné comme une évidence.
Décalée, graphique, abstraite, spirituelle, vibratoire, symbolique ou poétique mais toujours sincère, toutes ces forces d’interprétation nous donneront à se reconnecter à l’essentiel. (source texte: plmgtc).

Sensible aux personnes en situation de handicap, la galeriste Pierre Lecaroz propose une forme d’exposition innovante : guide en relief au sol, support en brailles et audio

En savoir plus:

Pierre et le MUR de Bordeaux, une passion Magnetic.

Pierre Lecaroz est le fondateur du MUR de Bordeaux et de l’association Pole Magnetic. Histoire de ce passionné qui a su donner naissance à divers projets d’art urbain qui rayonnent dans la ville de Bordeaux.

Photo de couverture: @Pierre Lecaroz , Mur Jeff Aerosol

Naissance d’une passion pour l’art de rue.

Au début des année 2000, muni de son appareil photo numérique Pierre part en vacances avec sa compagne sur la région de Montpellier. Ils se rendent à Sète au festival K-Live et découvrent des fresques murales et des interventions d’artistes dans la ville.

Pierre Lecaroz devant le Mur de Bordeaux

« J’ai trouvé que cela embellissait l’espace public et aussi que c’était le point de convergence de toutes mes références musicales et graphiques ».

Il commence à constituer une banque d’image. Un jour à la radio il apprend l’existence d’une page communautaire sur un réseau social, il devient contributeur. « Ces interventions spontanées et non cadrées dans l’espace public sont éphémères par définition. Il faut être au bon moment au bon endroit. Et pour moi prendre des photos d’art urbain c’était immortaliser l’éphémère. »

La Page Street Art Bordeaux : le vecteur premier de l’association Pôle Magnétic

Puis l’idée a germé de créer quelque chose sur Bordeaux.  « J’ai demandé au créateur de la page si je pouvais m’inspirer de son concept, il m’a expliqué que ce n’était pas le sien mais qu’il y avait beaucoup de pages dédiées à l’art urbain dans toutes les grandes villes du monde. J’ai donc créé la page Street Art Bordeaux en 2012 ».  L’idée était de partager ses photos avec d’autres passionnés. La page a rencontré un succès immédiat. Pierre Lecaroz fait des rencontres, apprend les codes de la photo d’art urbain (pas de photo de face sans l’accord de l’artiste). Cette page naît donc d’une passion puis a contribué à rajouter de nouveaux défis, maintenir la flamme.

Pierre Lecaroz

« La page a continué à prendre de l’ampleur puis avec d’autres passionnés on s’est rendus compte que pour mener des actions concrètes sur le terrain il fallait officialiser ce qui était virtuel et c’est comme ça que Pole Magnetic est née début 2013 ».

La page Facebook « Street Art Bordeaux », compte aujourd’hui plus de 14 000 abonnés qui en suivent l’actualité.

L’association Pole Magnetic : le point de départ du MUR de Bordeaux et de la galerie.

Une soirée inaugurale est organisée à l’Iboat avec expo collective, performances et dj set. La performance artistique est réalisée par Blow (Monkey Bird Crew) Ador (Nantes) et Atom (Cognac). C’est une réussite.

Pierre Lecaroz est par la suite approché par l’Asso ‘Keep a Breast’ contre le cancer du sein. Pour un projet il doit réaliser un appel d’artiste ; il se lie d’amitié avec un collectionneur parisien Nicolas Laugero Lasserre qui lui permet de contacter Jef Aérosol . C’est ainsi qu’en 2013 ils font habiller le mur qui orne l’entrée du CHU de Pellegrin. La réalisation de ce projet est une carte de visite pour la suite.

« En parallèle à cela j’ai vu que plusieurs murs fleurissaient en France. »  Pierre s’intéresse au M.U.R (mur modulable urbain réactif) « La ville de Bordeaux n’était pas représentée, j’ai envoyé un dossier de candidature et j’ai reçu un cahier des charges en retour avec des contraintes en terme de superficie, visibilité etc ».

La naissance du MUR de Bordeaux : consécration d’une passion

« Le challenge était d’identifier un mur qui réponde à toutes les exigences. J’avais repéré le mur de la salle polyvalente qui est habillée aujourd’hui l’artiste mexicain Spaik, mais il ne fallait pas d’arbres pour pouvoir faire des photos. » Ses recherches l’amènent au mur de l’école publique Stendhal. Pierre expose son projet à la mairie et rencontre la directrice de l’école ; intéressée par le projet à la seule condition que les enfants soient intégrés la première année. C’est ainsi que le MUR de Bordeaux naît en septembre 2014. En juin 2015 les enfants sous la coupole de Charles Foussard ont eu leur vernissage et leur fresque participative, au même titre que les artistes confirmés.

Mur de Bordeaux par Amo
Mur de Bordeaux de Amo, mai 2018 photo @tezia

Le MUR de Bordeaux programme aujourd’hui des artistes à la renommée nationale et internationale pour focaliser l’attention sur la richesse du tissu artistique local sans négliger le Street Art au féminin.

(1/3 -1/3 -1/3 souhaité mais en réalité 45% renommés 45% locaux (France) 10 % féminines.)

Mur de Bordeaux par Loraine Motti
Mur de Bordeaux de Loraine Motti, octobre 2019 photo @tezia

Une âme pour chaque projet:

Au fil du temps et des rencontres, toujours dans cette démarche de développer l’art urbain dans la ville, Pierre prend part à « la saison Street- Art de Bordeaux ». 

« J’essaye de donner une âme à chaque projet, ne pas faire de copier-coller, d’y apporter une approche différente, et une dimension poétique avec un effort rédactionnel ».

En 2018 dans le cadre de la saison culturelle à l’initiative de la ville, il est nommé co-commissaire par la mairie de Bordeaux pour l’exposition à la base sous-marine « légendes urbaines ». 50 000 visiteurs drainés, une belle fréquentation pour 3 mois.

Pierre Lecaroz et Mono Gonzalez , Galerie Pole Magnetic
Mono Gonzalez et Pierre Lecaroz,
Galerie Pole Magnetic Artlab,
Photo @Ivan Quezada

« C’est la consécration de tous les projets que j’ai pu mener. Puis, poussé par des amis j’ai commencé à réfléchir à un modèle économique. A coté de cela, un local se libère au pied du MUR, heureux hasard ! J’ai foncé. C’est un pari car je n’ai pas fait histoire de l’art et être galeriste ne s’invente pas. Je suis certes un passionné mais cela a ses limites, il faut faire des mises en perspective avec l’histoire de l’art, ses références et ses codes aller les chercher. C’est vraiment une nouvelle aventure avec son lot de surprises. »

La galerie Pole Magnetic ArtLab: une vision humaine dans la continuité du Mur de Bordeaux.  

« Pour les collectionneur, l’art est un surplus indispensable et les têtes d’affiches travaillent avec des grosses galeries, avec de gros moyens que je ne n’ai pas. »

Pour Pierre il y cependant une chose essentielle : « Je travaille avec des artistes dont je suis convaincu par la qualité de leurs propositions artistiques et avec qui j’ai l’habitude de collaborer. ».

Pierre Lecaroz travaille beaucoup avec des artistes émergents ou de figures emblématiques internationales. La notoriété n’est pas toujours synonyme de qualité. « J’ai envie de faire découvrir de nouveaux talents et de partager ma passion et de ne pas raisonner uniquement sur le côté spéculatif, démarche plus authentique mais plus risquée ».

Le street-art accessible pour tous

Pour Pierre Lecaroz c’est aussi ça l’esprit Street- Art, que même celui qui n’a pas des gros moyens puisse repartir avec un petit objet. « Je propose un nuancier tarifaire les pièces vont de 30€ à 6000 8000€.  Le problème c’est que le gens qui ont les moyens vont souvent se diriger sur ce qui a de moins cher pour avoir le sentiment de faire des affaires. »

« Ceci me permet de rester proche de ma philosophie de vie. Je suis spontané avec les gens, hommes femme, pauvres, riches, je ne choisis pas mes fréquentations en fonction de leur statut social. La dynamique est à l’image de qui je suis. Je ne cours pas après les artistes « bankable », même si j’en ai également en galerie. Je n’ai pas envie d’une privatisation de l’Art urbain qu’auprès des gens qui ont les moyens. »

La galerie propose généralement une exposition qui dure un mois, avec le MUR de Bordeaux comme vecteur de communication pour la galerie. Les vernissages sont le moment privilégié pour rencontrer les artistes et apprécier leur travail. 

Le mur de Bordeaux fêtait ses 5 ans en septembre 2019 avec la performance N°49 de Ruben Carasco.

(relire l’article à ce sujet)

Ruben Carrasco  Mur Bordeaux
Ruben Carrasco Mur de Bordeaux, anniversaire des 5 ans, Xunorus à la guitare, photo @tezia

En janvier 2020 le 50eme mur est signé Jerk45 du collectif 9eme concept. Le collectif fête également son anniversaire, 30 ans d’existence, c’est l’occasion pour la galerie d’exposer chaque semaine un membre diffèrent du collectif !  C’est ensuite au tour de Mono Gonzalez d’habiller le Mur de Bordeaux. La diversité et la qualité artistique sont toujours au rendez vous!

Pierre Lecaroz, développera de nouveaux projets d’ici 2021 qu’il garde secrets pour le moment.

Comment suivre les actus et les projets à venir ?

-Sur Facbook et Instagram

Mur de Bordeaux par Mono Gonzalez
Mur de Mono Gonzalez « le dernier baiser » mai 2020 photo @tezia

DYOX: LA COULEUR DANS LA PEAU

Dyox realise sa fresque devant les étudiants de Vatel

Dyox est un graffeur originaire de Valence (Espagne), venu s’installer à Bordeaux, il fait partie du  Grafitti Crew 3GC. Gagnant du concours Vatel 2019, présent lors du Graffiti Jam de Tonneins, il a accepté avec plaisir de répondre à quelques questions

D’OÙ VIENT TON BLASE DYOX ?

DYOX et l'une de ses oeuvres de graffiti

Il fait référence à l’oxyde de titane, qui est de couleur blanche la mère de toutes les couleurs. C’est aussi un matériel qui est utilisé pour polir le diamant.Et comme je suis graffeur, je cherchais un nom assez court d’environ 4-5 lettres. Le but étant de graffer rapidement, combiner les lettres. Le X n’étant pas facile à réaliser, Dyox ça me plaisait et c’était pour moi comme un challenge. 

QUAND AS-TU COMMENCÉ À PEINDRE EN EXTÉRIEUR ?

Contribution de Dyox au Jam de Tonneins

J’avais 12 ans, je dessinais depuis plus petit et j’ai eu envie de peindre dans mon village. Aujourd’hui avec le travail c’est devenu un peu plus compliqué de caler ça dans l’agenda mais c’est quelque chose qui me fait du bien alors je le fait dès que j’ai un peu de temps. Je suis tatoueur et illustrateur mais même si je réponds à des commandes d’entreprises et de particuliers ; peindre reste une passion. Une passion parfois physique qui demande pas mal d’organisation.

A Tonneins j’essayais de peindre le matin pour avoir le maximum d’ombre. La chaleur était écrasante, c’était très dur et physique mais le résultat valait bien ces efforts. 

UNE ATTIRANCE POUR DES PERSONNAGES UN PEU FUTURISTE, DANS LE STYLE BD ?

Araignée bubble, peinture urbex

Il y a un rapport avec le métier d’illustrateur. J’aime beaucoup la bd depuis tout petit, c’est donc un peu une manière de montrer mon admiration pour cette discipline et ceux qui la font vivre.

De ce fait, j’aime aussi produire des compositions semi surréaliste, semi science-fiction. J’aime le côté futuriste-acide que je peux donner et aussi un peu lysergique et hallucinant, ça me plait beaucoup.

QUAND TU PEINS : UN MESSAGE À ENVOYER ?

Cela dépend du contexte : si c’est une série de travail en toile ou un mur en festival ou un Jam un dimanche avec les potes. Parfois il y a un message derrière, oui, même un peu caché, et parfois c’est juste un exercice de composition, de technique, de graphisme, de couleurs. Un jeu de couleur, de formes et d’imbrications

EN TANT QUE GRAFFEUR, QUELLE VISION AS-TU DU STREET ART 

fresque de Dyox, Bordeaux

C’est la porte ouverte à la multi techniques pour le graff ainsi que la conciliation entre le monde du graff et les galeries et le public universel. Moi je suis Graffeur, mais comme je travaille l’illustration je suis dans la ligne entre le graffiti et quelque part le street art. Il y a du street art que j’admire beaucoup, que je ne trouve pas très technique mais le message est fort. De ce fait, ce qui va me plaire : c’est si le message et/ou le code est intéressant. Je pense qu’il y a beaucoup de gens devenus street artiste par la « mode » ils sont peintre sur toile et le street art et le graffiti répond à un besoin de reconnaissance pas économique mais pour l’égo. En effet, dans la rue tout le monde te voit, et la reconnaissance, les artistes aiment quand même bien ça pour l’égo.

Finalement, le street art arrive après le graff: c’est un fils du graff. Les graffeurs se sont battus à la rue, sortis à la rue, mais il y a des street artistes qui ont fait des trucs incroyables aussi. Pour moi le street art c’est la conciliation entre le graff, les galeries et le public universel

PEUX-TU NOUS PARLER DU CONCOURS VATEL, DE LA FRESQUE « IDENTITY » ?

Des personnes m’ont informé du concours, alors j’ai eu envie de participer. Je me suis dit que c’était une opportunité pour rentrer dans le circuit à Bordeaux. Je suis connu dans le milieu mais pas pour le public. Du coup des gens se sont intéressés à mon travail. L’année prochaine je serai Jury, et je participerai donc d’une autre manière.

FRESQUE « IDENTITY » : PLUSIEURS SYMBOLES

Le thème c’était la Multi-culturalité alors j’ai choisis de faire des symboles culturels, historiques ou mystiques de différents horizons. Je souhaitais montrer qu’au final le but est le même, le chemin à la mort est le même, l’adoration des dieux est la même et au final on forme tous la même chose, avec différentes couleurs, différentes manières de faires ou habitudes et traditions.  Au final on parle tous de la même chose.

J’ai cherché par cette œuvre à mêler technique, concept et abstraction. Avoir un concept c’est beaucoup plus intéressant, ça donne du sens à mon travail. Je cherche à provoquer une vibration, un feeling, un questionnement du spectateur.

La main avec la flamme représente l’énergie qui flotte et qui dit qu’on est tous la même chose, la même lumière. On retrouve le renard à neuf queues Kitsune qui est un symbole de protection japonais, le calavera mexicain comme référence à la mort dans le but de célébrer la vie. Puis il y a encore d’autres références: hippie, bouddhiste, la main de Fatima, la colombe catholique, un masque africain. Différents symboles, mais au final tous forment comme un seul et même visage composé de différentes ethnies qui tient dans sa main la même énergie.

 ET TON ARRIVÉE À BORDEAUX ?

A Bordeaux j’ai aussi fait le MUR en 2016 et quelques peintures vers les Aubiers, Darwin lors du festival Bordeaux sous les bombes, ainsi que le Shake Well.

Il faut dire que je fais aussi les anniversaires du Crew et à force de venir à Bordeaux 4 ou 5 fois dans l’année, j’ai décidé de m’y installer. Pour moi le 3GC c’est avant tout mes amis, on peint on voyage ensembles, on est des passionnés soudés.

Photo: Tézia .
Détail du Mur pour le Périgueux Jam par le 3GC
(Bros, Dyox, Gams, Jonz, Ledis, Colyr, Sheme, Moksa, Stab, Bulea, Persu, Mobs, Slick, Drope, Colfer, Cone, TeiGR, Korse, Renz)

ACTUS DE DYOX:

Dyox est aussi tatoueur, tu peux le retrouver dans les salons du tatouage de la région

Tu peux suivre :

Son compte instagram pour suivre ses actus de graffeur : @Dyoxone

Son compte de tatouer et le contacter pour tout projet tatoo: @dyoxink

Et sur Facebook

Le compte Instagram du 3GC : @3GC