Terrain d’entente : Rouge Hartley et Chloé Tiravy au cœur de la galerie Magnetic ArtLab

magnetic artlab

Terrain d’entente c’est le nom de la nouvelle exposition qui se tiendra du 4 décembre au 9 janvier prochain à la galerie Magnetic Artlab. Les deux artistes Chloé Tiravy et Rouge Hartley seront présentes ce vendredi 4 décembre, dès 17h pour le vernissage. Une occasion de venir les rencontrer!

Deux artistes, un seul terrain : l’émotion

La peinture possède son langage propre, et ne devrait avoir besoin de discours pour s’adresser à l’œil, au cœur, et à l’intelligence de celui qui la regarde. C’est ainsi convaincues que la peinture ne peut être réduite à l’illustration d’un énoncé conceptuel que Rouge Hartley et Chloé Tiravy lancent avec terrain d’entente une adresse directe. Revendiquant le droit au sentiment, à la poésie, à la narration et à la beauté.

Alors, leur direction est claire : multiple, inventive et sans contrainte. Ce qui fait naitre une collaboration originale avec un gout commun et passionné pour la figuration.

Résolument peintres

Chloé Tiravy est une peintre autodidacte. Elle envisage la toile comme la scène d’un théâtre. Aussi, ce qui s’y déroule est le fruit d´une mise en scène réfléchie: elle orchestre la mise en lumière et la chorégraphie des corps, et le décor est pensé à la manière d’une scénographie. Pour ce faire, dans ses peintures elle confronte de jeunes adultes à des objets du passé, à des symboles millénaires, et interroge ainsi la relation de notre propre génération à son héritage culturel.

Rouge Hartley est attachée au dessin et à la peinture, elle trouve sur les murs un droit à la figuration et à l’engagement. Diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux en 2014, avec pour recherches principales : les enjeux de valeurs et de propriétés, le milieu urbain et ses précarités, et le féminisme.
Enfin, Rouge travaille depuis ses débuts par collage ou fresque dans l’espace public, parallèlement à une pratique rigoureuse en atelier. De ce fait, le mur et le quartier, comme la toile et le papier lui offrent l’occasion de figurations jamais symboliques mais toujours narratives.

Rouge Hartley peint pour le Mur Du Souffle en 2019,
photo @tezia

Pour en savoir plus et infos pratiques:

Vendredi 4 décembre 17h est un moment à ne pas manquer pour rencontrer les artiste et apprécier leur travail. RDV à la galerie Magnetic Artlab (Place Paul et Jean Paul Avisseau -Chartrons)

  • Pole Magnetic

Instagram : PLMGTC
Facebook : Magnetic ArtLab
Vernissage Sur inscription uniquement (mesures sanitaires) :
https://calendly.com/terraindentente/vernissage

  • Chloe Tiravy

Instagram : chloe_tiravy
Facebook : chloe.tiravy
www. https://www.tiravy.com

  • Rouge Hartley

Instagram : rouge.hartley
Facebook : rouge.hartley
www. https://www.rouge-art.net

Asu : calligraphie et révélation spirituelle

Asu Calligraphie

Nous avons pu rencontrer Asu lors de l’exposition arborescence qui se tient à la galerie Magnetic Artlab du 4 septembre au 10 octobre 2020. Avec une expérience de plus de 10 ans de calligraphie, à 30 ans aujourd’hui Asu vie à plein temps son art qui lui apporte également une dimension spirituelle.

Calligraphie du rêve à la réalité

Asu tire son blaze de «asubakatchin » qui signifie attrape rêve en amérindien.

A l’adolescence, Asu fait une école de peintre en lettre puis il étudie les arts graphiques à Lyon. Il arrête ses études. Asu se cherche, il sait qu’il veut travailler dans l’art. Mais quoi exactement ? Il l’ignore. Il avait très envie de toucher à la peinture mais ne le faisait pas. Une nuit il rêve qu’il fait de la calligraphie, c’est une révélation pour lui. Le lendemain matin il part acheter une calame.

La calligraphie :démarche spirituelle et multidimensionnelle d’Asu

Comme il se centre plus sur l’énergie que sur le texte, il crée son propre alphabet inspiré de la calligraphie arabe. Ses lettres sont également mêlées au solfège ; ainsi sa recherche graphique peut faire penser à des partitions.

« Je m’intéresse à la spiritualité, que tout ce qui vie vibre. Aussi, du fait de l’abstrait, chacun va faire sa propre interprétation, ce qui amène un effet de reflet. Tu ne vas pas voir quelque chose de concret, tu vas voir qui tu es par ce que tu ressens comme vibration ».

Ici il a pensé au thème de l’arborescence et c’est à chacun d’avoir sa libre interprétation. C’est un grand trait de la calligraphie abstraite : chacun peut voir des choses différentes et faire sa propre interprétation.

« Je n’écris plus rien, je ne veux pas écrire des choses, j’ai besoin que cela soit intuitif et vibratoire. »

Des couleurs choisies, dépendantes des humeurs de Asu .

Très inspiré par Espagne et l’ Orient, Asu aime faire penser au sacré « j’utilise de l’or, du rouge, du bleu et du bordeaux, cela évoque pour moi les mosaïques et les vitraux, quelque chose d’ordre spirituel »

« Je peins en fonction de mon humeur. J’aime le parallèle d’améliorer mon art et m’améliorer en tant que personne. Plus je me cherche plus je me trouve et plus je trouve mon art ».

Un travail de la matière :

Asu aime l’idée de chercher à l’intérieur des choses, de transformer un élément ancien en un nouveau sujet. Pour lui cela revient à se purifier, évoluer, comme peut le faire un être humain.

Il a l’idée de recouvrir des toiles anciennes qu’il n’aimait pas. Accidentellement la peinture ne tenait pas car c’est compliqué de recouvrir une peinture métallique.

« Je cherchais à rendre mon travail plus texturé, à lui donner du relief. J’ai commencé à recouvrir puis j’ai vu que la peinture s’écaillait. Puis l’ancienne œuvre avec ses courbes de calligraphie est réapparue, se mêlant subtilement à la nouvelle composition. »

« Au moment où je réalise cette idée, j’ai commencé à avoir peur lorsque j’ai vu la peinture qui commençait à bouger et s’écailler, je ne savais pas vraiment où j’allais, c’était une réelle découverte, une prise de risque, mais j’étais satisfait du résultat. »

Toile N°6, collection Archéologie, photo @tezia

Ce nouveau procédé qu’il découvre lui fait penser à quelque chose d’antique et d’oublié qui peut resurgir. Le fait que ce qui est représenté soit abstrait renvoie à cette sensation que peut avoir un archéologue « on ne sait pas encore totalement ce qui est écrit en Egypte par exemple »

Les calligraphies d’Asu ne portent pas de nom mais des numéros. « C’est moins propice à guider l’interprétation ». Son univers riche en évolutions réunis donc couleurs, formes, abstrait et libre interprétation.

L’exposition arborescence

La galerie Magnetic ArtLab présente l’exposition « Arborescence », analogie entre l’arbre et l’homme autour d’un langage universel, l’expression artistique.
Comme l’écrivait Platon: « L’homme est une plante céleste. »
« Des lignes de vie ciselées dans la paume des mains à la ramification généalogique, des racines comparables au système vasculaire à l’image des forêts associée au poumon de la Planète, ou encore une silhouette structurelle identique » ‟Arborescence” a résonné comme une évidence.
Décalée, graphique, abstraite, spirituelle, vibratoire, symbolique ou poétique mais toujours sincère, toutes ces forces d’interprétation nous donneront à se reconnecter à l’essentiel. (source texte: plmgtc).

Sensible aux personnes en situation de handicap, la galeriste Pierre Lecaroz propose une forme d’exposition innovante : guide en relief au sol, support en brailles et audio

En savoir plus:

Pierre et le MUR de Bordeaux, une passion Magnetic.

Pierre Lecaroz est le fondateur du MUR de Bordeaux et de l’association Pole Magnetic. Histoire de ce passionné qui a su donner naissance à divers projets d’art urbain qui rayonnent dans la ville de Bordeaux.

Photo de couverture: @Pierre Lecaroz , Mur Jeff Aerosol

Naissance d’une passion pour l’art de rue.

Au début des année 2000, muni de son appareil photo numérique Pierre part en vacances avec sa compagne sur la région de Montpellier. Ils se rendent à Sète au festival K-Live et découvrent des fresques murales et des interventions d’artistes dans la ville.

Pierre Lecaroz devant le Mur de Bordeaux

« J’ai trouvé que cela embellissait l’espace public et aussi que c’était le point de convergence de toutes mes références musicales et graphiques ».

Il commence à constituer une banque d’image. Un jour à la radio il apprend l’existence d’une page communautaire sur un réseau social, il devient contributeur. « Ces interventions spontanées et non cadrées dans l’espace public sont éphémères par définition. Il faut être au bon moment au bon endroit. Et pour moi prendre des photos d’art urbain c’était immortaliser l’éphémère. »

La Page Street Art Bordeaux : le vecteur premier de l’association Pôle Magnétic

Puis l’idée a germé de créer quelque chose sur Bordeaux.  « J’ai demandé au créateur de la page si je pouvais m’inspirer de son concept, il m’a expliqué que ce n’était pas le sien mais qu’il y avait beaucoup de pages dédiées à l’art urbain dans toutes les grandes villes du monde. J’ai donc créé la page Street Art Bordeaux en 2012 ».  L’idée était de partager ses photos avec d’autres passionnés. La page a rencontré un succès immédiat. Pierre Lecaroz fait des rencontres, apprend les codes de la photo d’art urbain (pas de photo de face sans l’accord de l’artiste). Cette page naît donc d’une passion puis a contribué à rajouter de nouveaux défis, maintenir la flamme.

Pierre Lecaroz

« La page a continué à prendre de l’ampleur puis avec d’autres passionnés on s’est rendus compte que pour mener des actions concrètes sur le terrain il fallait officialiser ce qui était virtuel et c’est comme ça que Pole Magnetic est née début 2013 ».

La page Facebook « Street Art Bordeaux », compte aujourd’hui plus de 14 000 abonnés qui en suivent l’actualité.

L’association Pole Magnetic : le point de départ du MUR de Bordeaux et de la galerie.

Une soirée inaugurale est organisée à l’Iboat avec expo collective, performances et dj set. La performance artistique est réalisée par Blow (Monkey Bird Crew) Ador (Nantes) et Atom (Cognac). C’est une réussite.

Pierre Lecaroz est par la suite approché par l’Asso ‘Keep a Breast’ contre le cancer du sein. Pour un projet il doit réaliser un appel d’artiste ; il se lie d’amitié avec un collectionneur parisien Nicolas Laugero Lasserre qui lui permet de contacter Jef Aérosol . C’est ainsi qu’en 2013 ils font habiller le mur qui orne l’entrée du CHU de Pellegrin. La réalisation de ce projet est une carte de visite pour la suite.

« En parallèle à cela j’ai vu que plusieurs murs fleurissaient en France. »  Pierre s’intéresse au M.U.R (mur modulable urbain réactif) « La ville de Bordeaux n’était pas représentée, j’ai envoyé un dossier de candidature et j’ai reçu un cahier des charges en retour avec des contraintes en terme de superficie, visibilité etc ».

La naissance du MUR de Bordeaux : consécration d’une passion

« Le challenge était d’identifier un mur qui réponde à toutes les exigences. J’avais repéré le mur de la salle polyvalente qui est habillée aujourd’hui l’artiste mexicain Spaik, mais il ne fallait pas d’arbres pour pouvoir faire des photos. » Ses recherches l’amènent au mur de l’école publique Stendhal. Pierre expose son projet à la mairie et rencontre la directrice de l’école ; intéressée par le projet à la seule condition que les enfants soient intégrés la première année. C’est ainsi que le MUR de Bordeaux naît en septembre 2014. En juin 2015 les enfants sous la coupole de Charles Foussard ont eu leur vernissage et leur fresque participative, au même titre que les artistes confirmés.

Mur de Bordeaux par Amo
Mur de Bordeaux de Amo, mai 2018 photo @tezia

Le MUR de Bordeaux programme aujourd’hui des artistes à la renommée nationale et internationale pour focaliser l’attention sur la richesse du tissu artistique local sans négliger le Street Art au féminin.

(1/3 -1/3 -1/3 souhaité mais en réalité 45% renommés 45% locaux (France) 10 % féminines.)

Mur de Bordeaux par Loraine Motti
Mur de Bordeaux de Loraine Motti, octobre 2019 photo @tezia

Une âme pour chaque projet:

Au fil du temps et des rencontres, toujours dans cette démarche de développer l’art urbain dans la ville, Pierre prend part à « la saison Street- Art de Bordeaux ». 

« J’essaye de donner une âme à chaque projet, ne pas faire de copier-coller, d’y apporter une approche différente, et une dimension poétique avec un effort rédactionnel ».

En 2018 dans le cadre de la saison culturelle à l’initiative de la ville, il est nommé co-commissaire par la mairie de Bordeaux pour l’exposition à la base sous-marine « légendes urbaines ». 50 000 visiteurs drainés, une belle fréquentation pour 3 mois.

Pierre Lecaroz et Mono Gonzalez , Galerie Pole Magnetic
Mono Gonzalez et Pierre Lecaroz,
Galerie Pole Magnetic Artlab,
Photo @Ivan Quezada

« C’est la consécration de tous les projets que j’ai pu mener. Puis, poussé par des amis j’ai commencé à réfléchir à un modèle économique. A coté de cela, un local se libère au pied du MUR, heureux hasard ! J’ai foncé. C’est un pari car je n’ai pas fait histoire de l’art et être galeriste ne s’invente pas. Je suis certes un passionné mais cela a ses limites, il faut faire des mises en perspective avec l’histoire de l’art, ses références et ses codes aller les chercher. C’est vraiment une nouvelle aventure avec son lot de surprises. »

La galerie Pole Magnetic ArtLab: une vision humaine dans la continuité du Mur de Bordeaux.  

« Pour les collectionneur, l’art est un surplus indispensable et les têtes d’affiches travaillent avec des grosses galeries, avec de gros moyens que je ne n’ai pas. »

Pour Pierre il y cependant une chose essentielle : « Je travaille avec des artistes dont je suis convaincu par la qualité de leurs propositions artistiques et avec qui j’ai l’habitude de collaborer. ».

Pierre Lecaroz travaille beaucoup avec des artistes émergents ou de figures emblématiques internationales. La notoriété n’est pas toujours synonyme de qualité. « J’ai envie de faire découvrir de nouveaux talents et de partager ma passion et de ne pas raisonner uniquement sur le côté spéculatif, démarche plus authentique mais plus risquée ».

Le street-art accessible pour tous

Pour Pierre Lecaroz c’est aussi ça l’esprit Street- Art, que même celui qui n’a pas des gros moyens puisse repartir avec un petit objet. « Je propose un nuancier tarifaire les pièces vont de 30€ à 6000 8000€.  Le problème c’est que le gens qui ont les moyens vont souvent se diriger sur ce qui a de moins cher pour avoir le sentiment de faire des affaires. »

« Ceci me permet de rester proche de ma philosophie de vie. Je suis spontané avec les gens, hommes femme, pauvres, riches, je ne choisis pas mes fréquentations en fonction de leur statut social. La dynamique est à l’image de qui je suis. Je ne cours pas après les artistes « bankable », même si j’en ai également en galerie. Je n’ai pas envie d’une privatisation de l’Art urbain qu’auprès des gens qui ont les moyens. »

La galerie propose généralement une exposition qui dure un mois, avec le MUR de Bordeaux comme vecteur de communication pour la galerie. Les vernissages sont le moment privilégié pour rencontrer les artistes et apprécier leur travail. 

Le mur de Bordeaux fêtait ses 5 ans en septembre 2019 avec la performance N°49 de Ruben Carasco.

(relire l’article à ce sujet)

Ruben Carrasco  Mur Bordeaux
Ruben Carrasco Mur de Bordeaux, anniversaire des 5 ans, Xunorus à la guitare, photo @tezia

En janvier 2020 le 50eme mur est signé Jerk45 du collectif 9eme concept. Le collectif fête également son anniversaire, 30 ans d’existence, c’est l’occasion pour la galerie d’exposer chaque semaine un membre diffèrent du collectif !  C’est ensuite au tour de Mono Gonzalez d’habiller le Mur de Bordeaux. La diversité et la qualité artistique sont toujours au rendez vous!

Pierre Lecaroz, développera de nouveaux projets d’ici 2021 qu’il garde secrets pour le moment.

Comment suivre les actus et les projets à venir ?

-Sur Facbook et Instagram

Mur de Bordeaux par Mono Gonzalez
Mur de Mono Gonzalez « le dernier baiser » mai 2020 photo @tezia