Jonone : Free Spirit

Jonone Free Spirit Bordeaux

L’exposition de John Andrew Perello, Jonone ,  » Free Spirit » démarre samedi 25 septembre et sera visible jusqu’au 27 février 2022 à Bordeaux. Initialement prévue en mars 2020 elle signe la ré-ouverture tant attendue de L’Institut Culturel Bernard Magrez. Renseignements directement sur le site de l’Institut pour accès.

Jonone : La peinture est un mode de vie

Jonone, figure incontournable du graffiti a grandit à New York. Enfant, il tisse ses premiers liens avec la peinture. Au grand damne de sa mère car il peignait et dessinait sur les murs de sa chambre.  » Ma mère elle pétait les plombs, je dessinais, elle nettoyait, je continuais ».

Jonone, Free Spirit Bordeaux Institut Culturel bernard Magrez, Bordeaux StreetCulture,Tézia
Jonone – Free Spirit photo @tezia

Il a pu profiter de l’étage du Château dédiée a des créations « in situ ». C’est ainsi qu’une des pièces est complètement recouverte de peintures, tags, drips . Alors, il nous explique alors qu’il y a certainement un ressemblance avec sa chambre d’enfant.

« Petit j’avais compris et je savais qu’on pouvait pas plaire à tous, mais pour moi tout ce qui comptait c’était la peinture. Elle me permettait de m’échapper de la réalité. Puis c’est le hasard de la vie qui m’a poussé, ce n’est pas une carrière mais un mode de vie« .

Jonone

L’importance des couleurs pour Jonone

Jonone,. Free Spirit Bordeaux . Institut Culturel bernard Magrez . Bordeaux StreetCulture Tézia
John Perello

Adolescent il est fasciné par la peinture de rue qu’il peut retrouver dans le métro qu’il emprunte  » Lorsque je prenais le métro, je voyais ces trains, qui étaient peints et c’était pour moi des flashs. Des couleurs qui sortent d’un tunnel à toute allure créant ainsi une abstraction. J’ai vu ces trains et je me suis dis « Qui fait ça? Pourquoi?  » Et je trouvais ça trop cool les gens qui peignaient dans le métro et je voulais faire pareil ».

De fait, on retrouve dans son style cette abstraction de couleurs. Il à voulu recrée la sensation de quelque chose qui bouge à toute vitesse. « ça ne m’intéressait pas de faire quelque chose de figé et figuratif »

Enfin, à 17 ans il est fondateur du 156 crew avec d’autres graffeurs et amis.  » Je ne voulais pas être comme la plus part des gens . »Tu dois faire ceci, et pas ça ». Je ne voulais pas être « le commercial que tout le monde aime ». Moi j’aimais peindre mon nom « JONONE » et si je pouvais toucher quelqu’un dans mon quartier ou quelques amis quand je le faisais, et bien c’était cela qui était important pour moi et les autres je m’en foutais »

Free Spirit: Une Exposition Unique

Pour réaliser cette exposition l’Institut Culturel Bernard Magrez a rassemblé les œuvres de collectionneurs privés, des œuvres originales de Jonone . Mais aussi des création in situ; faites par l’artistes directement au cœur du château bordelais durant plusieurs jours et nuits! C’est ce travail acharné qui rend l’exposition unique.

D’une part, le rez de chaussée est organisé dans le but de faire découvrir aux visiteurs le monde et le style de Jonone.

D’autre part, l’étage est une ligne de création in situ, d’un incroyable contraste. Ainsi, pour Free Spirit, le château du 18eme prête ses murs à un art qui à pour origine les murs de la rue, le graffiti.

Unique tout comme la Jaguar personnelle de Mr Bernard Magrez, ami de longue date de John Andrew Perello. Elle est forcement visible à Bordeaux, aux pieds du château.

Jonone, Institut Culturel Bernard Magrez,  Jaguar Bordeaux StreetCulture Tézia
Jaguar de Mr Magrez peinte par Jonone photo @tezia

« Je crée mon monde à moi, un monde très coloré dans l’abstraction, c’est ma manière de confronter la vie. Cette vie où il faut mettre sa ceinture et conduire à 100 à l’heure, et là c’est plus du quotidien, c’est la liberté, le Free Spirit ! »

Jonone
Jonone, Free Spirit Bordeaux Institut Culturel bernard Magrez, Bordeaux StreetCulture Tézia
photo @tezia

Il faut avoir la pêche! J’aime peindre des choses très colorées, libres et énergiques. A l’image de la vie, j’aime composer du très lisible au fondu. Donner de la joie et de l’énergie, mais je ne sais pas de quoi est fait demain, l’effacement dans le temps. Un peu comme une bougie qui fond.

Jonone

Free Spirit, reflet de la vie de Jonone

Ainsi, Jonone partage avec nous au fil de cette exposition un peinture très sincère, intimement liée à sa propre existence et aux différentes phases de sa vie: jeunesse, paternité. Durant le vernissage il repasse sa main le long de certaines toiles, se rappelle lorsqu’il les a peintes « les toucher, comme je suis le seul à pouvoir le faire, me rappelle tellement de souvenirs ».

Remerciements à l’équipe de l’Institut Culturel Bernard Magrez et Jonone.

Infos Utiles Free Spirit

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Bordeaux StreetCulture

Terrain d’entente : Rouge Hartley et Chloé Tiravy au cœur de la galerie Magnetic ArtLab

magnetic artlab

Terrain d’entente c’est le nom de la nouvelle exposition qui se tiendra du 4 décembre au 9 janvier prochain à la galerie Magnetic Artlab. Les deux artistes Chloé Tiravy et Rouge Hartley seront présentes ce vendredi 4 décembre, dès 17h pour le vernissage. Une occasion de venir les rencontrer!

Deux artistes, un seul terrain : l’émotion

La peinture possède son langage propre, et ne devrait avoir besoin de discours pour s’adresser à l’œil, au cœur, et à l’intelligence de celui qui la regarde. C’est ainsi convaincues que la peinture ne peut être réduite à l’illustration d’un énoncé conceptuel que Rouge Hartley et Chloé Tiravy lancent avec terrain d’entente une adresse directe. Revendiquant le droit au sentiment, à la poésie, à la narration et à la beauté.

Alors, leur direction est claire : multiple, inventive et sans contrainte. Ce qui fait naitre une collaboration originale avec un gout commun et passionné pour la figuration.

Résolument peintres

Chloé Tiravy est une peintre autodidacte. Elle envisage la toile comme la scène d’un théâtre. Aussi, ce qui s’y déroule est le fruit d´une mise en scène réfléchie: elle orchestre la mise en lumière et la chorégraphie des corps, et le décor est pensé à la manière d’une scénographie. Pour ce faire, dans ses peintures elle confronte de jeunes adultes à des objets du passé, à des symboles millénaires, et interroge ainsi la relation de notre propre génération à son héritage culturel.

Rouge Hartley est attachée au dessin et à la peinture, elle trouve sur les murs un droit à la figuration et à l’engagement. Diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux en 2014, avec pour recherches principales : les enjeux de valeurs et de propriétés, le milieu urbain et ses précarités, et le féminisme.
Enfin, Rouge travaille depuis ses débuts par collage ou fresque dans l’espace public, parallèlement à une pratique rigoureuse en atelier. De ce fait, le mur et le quartier, comme la toile et le papier lui offrent l’occasion de figurations jamais symboliques mais toujours narratives.

Rouge Hartley peint pour le Mur Du Souffle en 2019,
photo @tezia

Pour en savoir plus et infos pratiques:

Vendredi 4 décembre 17h est un moment à ne pas manquer pour rencontrer les artiste et apprécier leur travail. RDV à la galerie Magnetic Artlab (Place Paul et Jean Paul Avisseau -Chartrons)

  • Pole Magnetic

Instagram : PLMGTC
Facebook : Magnetic ArtLab
Vernissage Sur inscription uniquement (mesures sanitaires) :
https://calendly.com/terraindentente/vernissage

  • Chloe Tiravy

Instagram : chloe_tiravy
Facebook : chloe.tiravy
www. https://www.tiravy.com

  • Rouge Hartley

Instagram : rouge.hartley
Facebook : rouge.hartley
www. https://www.rouge-art.net

Matth Velvet : Standard club

Matth Velvet standard Club

Nouvellement Bordelais, remarqué par son talent de coloriste Matth Velvet, est le Deuxième artiste qui prend possession de l’atelier résidence de l’Institut Culturel Bernard Margez. Il succède à Rouge et nous offre une exposition de pièces uniques et hautes en couleurs. Elles sont visibles dans le pavillon de la Boétie jusqu’au 22 mars 2020.

Egalité entre la rue et l’atelier.

Dans les années 2000 Matth utilise l’aérosol et pratique le graffiti classique, pour diverses raisons il abandonne ce procédé et travaille uniquement au pinceau. Il expérimente les couleurs, apprend les noms des teintes des pigments puis assez naturellement s’est réduit à celles qu’il prend le plus de plaisir à travailler. « Pour moi c’est intéressant de travailler le bleu et le jaune, cela me permet d’exprimer beaucoup de typologies de lumière. »

Matth Velvet oeuvre de rue Bordeaux
photo @nicopoussain

Son processus de création est semblable en extérieur et en atelier, il reprend la façon de peindre dans la rue, « Comme on ne peut pas généralement trop s’y attarder, je me fais une palette de 8 couleurs et réduis l’image sur ces 8 teintes ».

Lorsqu’il peint en extérieur, il réalise le même genre de sujet qu’en atelier. « J’ai pour volonté que dans la rue mes œuvres soient des tableaux gratuits. » Il essaye donc de chercher des murs au format de tableau. Matth Velvet est également intéressé par différents supports tels que des objets de la vie courante qu’il transforme en œuvres d’art : portes, pièces automobiles , Bloc stop.

Une passion pour les objets, une réflexion sur la production

Designer industriel de formation Matth Velvet prend un réel plaisir à représenter des objets.  L’esthétique industriel l’intéresse toujours. Cependant cette expérience professionnelle l’a amené à se questionner sur le réel besoin de produire autant. Matth est sensible aux limites de l’exploitation des ressources.  « Après avoir vu comment les choses que je dessinais étaient fabriquées, je préfère aujourd’hui que mes réalisations restent à l’état de tableaux ».

L’œuvre « rate now » est une réflexion sur le transport de marchandises qui peuvent venir de l’autre bout du Monde. « Le cargo représente toutes ces choses qui pourraient être à l’échelle locale et qui traversent le Monde. »

Ses œuvres sont empreintes de l’expérience de ce premier métier et de son amour pour l’esthétique des objets. Elles nous amènent à nous questionner sur notre rapport à la possession et à ce que nous y recherchons… et à quel prix.

Standard club : l’Homme et l’accumulation de biens matériels

« Dans l’idée de standardisation il y a aussi l’idée d’industrialisation, de répétition d’objets. C’est aussi un clin d’œil à ce qu’était mon ancien métier ». Le titre « Standard club » est choisi en rapport au standard matériel occidental auquel on souhaite accéder globalement. « Acquisitions, pour faire partie d’une sorte de club, avoir sa  carte de membre. Mais est- ce vraiment ce qu’on veut poursuivre dans la vie ? » 

Objets et image

Pour Matth dans un bien matériel il y a un côté volatil et éphémère mais aussi un attachement pérenne qu’on peut avoir aux choses et aux souvenirs qu’elles engendrent.

« Parcelle » représente bien « standard club », c’est l’idée des vacances estivales et de cette plage où chacun veut obtenir sa parcelle de bonheur. Mais finalement on y manque un petit peu d’espace. Une scène qu’il a voulu représenter comme étant assez heureuse et paisible dans les actions des personnages. Le fond n’est cependant pas couleur sable mais violet-gris pour un effet qui rappellerait plutôt le bitume, et donc quelque part l’inconfort de quelque chose qui n’est pas naturel.

Objets et souvenirs

Matth Velvet exposition standard cluc Bordeaux Magrez

L’œuvre « pré internet-era » représente des Voitures téléguidées. » C’est un rapport à l’enfance, à des objets que j’ai pu connaître dans mon jeune âge. Quand on poussait les portes de la maison et qu’on allait jouer dehors avant qu’internet s’installe dans notre quotidien « 

Matth Velvet exposition standard club Bordeaux Institut Bernard Magrez
Succession
photo @tezia

La peur de la perte

Enfin dans cette idée de rapport de l’Homme à l’objet Matth apporte plusieurs pistes de réflexion. Celle de l’acquisition/ possession et de l’accumulation / image mais aussi également de la peur de la dépossession des objets. Il représente des structures fragiles et des intrus dans certaines œuvres qui viennent fournir l’équation possession/dépossession.

Moi quand j’étais petit on me disait si un jour vraiment tu réussis tu auras peut-être une Porsche »

Standard Club, Matth Velvet
Standard Club

 Dans l’oeuvre « Standard club » qui porte le même nom que l’exposition, on peut voir des choses qui s’effondrent, un équilibre instable : amas d’objets et puis une Porsche symboliques de la possession et de la réussite.

Matth Velvet: en découvrir plus sur Bordeaux:

Dans le quartier des Capucins ou celui des Chartrons, tu peux retrouver certaines de ses œuvres de rue, En poursuivant ta balade sur les quais, au niveau du skate parc tu pourras découvrir des bloc-stop embellis par l’artiste.

Volée pour pièces, une oeuvre itinérante de Matth Velvet.

Tu peux aussi suivre le parcours de « volée pour pièces » sur Instagram. Matth Velvet participe au projet  « courts-circuits » de la fondation  Desperados qui promouvoit l’art urbain. C’est l’une des 6 œuvres confiées le 15 novembre dernier à 6 passionnés d’art urbain, lors de la soirée d’inauguration qui se tenait au sein de la galerie Pôle Magnetic Artlab. Grâce à ce projet inédit, cette œuvre se promène occasionnellement à Bordeaux dans les bras de son adoptant.

"volée pour pièces"
oeuvre itinérante de Matth Velvet
« Volée pour Pièces » quitte la galerie Pole Magnetic
photo @tezia

Autres Infos utiles pour Matth Velvet :

  • On t’invite donc à venir sur place et découvrir cette fabuleuse exposition jusqu’au 22 mars, les 12 œuvres de Matth Velvelt ainsi que le Mur dans la cour du château Labottière.
Mur de Matth Velvet
Le mur du Château Labottière
Institut Culturel Bernard Magrez

Rédaction : Tézia ; Photos: Nico Poussain , Tézia

RUBEN CARRASCO: NEOSHAMANS AU M.U.R

Ruben Carrasco Neo Mur Bordeaux

Ruben Carraco signait la performance n°48 c’était le 13 septembre, le M.U.R de Bordeaux fêtait ses 5 ans et
Artiste d’origine mexicaine habitant au Canada, grand voyageur, il fait part d’une grande sensibilité envers la nature.
Son coup de pinceau ne laissant personne indifférent, Claudio Maldonado Aka Xunorus, guitariste compositeur argentin qui passait par pur hasard devant le mur a tout de suite été séduit et inspiré. Si bien qu’il a tenu à participer au vernissage. Un très beau cadeau d’anniversaire pour le M.U.R ; C’est Pendant la réalisation de cet incroyable renard endormi, peint sur les 35M2 du mur avec seulement 350Ml de peinture que nous avons pu rencontrer Ruben, il partage avec nous sa philosophie artistique

UNE EXPRESSION ARTISTIQUE PLURIELLE:

Ruben Carrasco a commencé à peindre comme tous les enfants, sauf qu’il ne s’est jamais arrêté. Il a très vite eu le sentiment d’avoir trouvé sa voie et il s’est lancé.

« J’avais l’idée de faire de la peinture, de m’exprimer artistiquement. Aujourd’hui je réalise cela sur plusieurs surfaces et supports : murs, toiles, sculptures, et même art digital. »

Originaire du Mexique, Pays du muralisme, cela ne le définit pas mais il y a pour Ruben Carrasco une influence inconsciente : « C’est comme pour Bordeaux avec le vin, on n’est pas nécessairement conscient de ça mais il y a certainement une influence. Car c’est finalement quand tu sors du pays, de son ancrage, de ce qui peut le définir dans ses particularités que tu deviens plus conscient de celles-ci » .  

Ruben Carrasco peint le renard endormis, Bordeaux

Muralisme

Rappelons que le muralisme est un courant artistique né à la suite de la révolution mexicaine de 1910. Pour les artistes les murs sont l’objet de toutes les attentions artistiques car ils sont à tout le monde et peuvent s’adresser à la compréhension de tous, même ceux qui n’ont pas la chance de savoir lire. Selon Ruben, le muralisme était très exigeant par le passé. Avant de dire « je suis un muraliste » il devait y avoir beaucoup de technique et de connaissance « chimique » : la surface, la préparation du mur etc… c’est quelque chose qui à beaucoup évolué aujourd’hui.

« Je me suis dirigé vers des études en Art Plastique au Mexique. Mais je n’ai pas fait les 5 ans d’études que voulait le « cursus ». J’ai pris ce que je voulais prendre et j’ai voulu construire le reste par moi-même. J’ai cependant trouvé intéressant de rencontrer des Maîtres qui me parlaient de concepts »

ENTRE CONCEPT ET PHILOSOPHIE

Aujourd’hui Ruben Carrasco passe beaucoup de temps en studio. « Si je sors faire un mur c’est pour quelque chose de très spécifique. Je ne suis pas quelqu’un qui va spontanément descendre peindre ; Pas parce que je ne veux pas mais parce que je n’ai pas forcement le temps ou l’opportunité de faire cela »

Cependant d’ici l’an prochain il a pour projet d’insérer ses œuvres dans des lieux pas accessibles à tous, des lieux underground, (voire interdits au public) des lieux que tu dois chercher. Le but étant de ne pas imposer une idée dans le lieu public. Lieu public auquel il est attentif . 

école et Mur de Bordeaux, enfant et renard de Ruben Carrasco

« Ici on est près d’une école et je veux que le message touche aussi les enfants. J’aime peindre dans l’idée philosophique. On est sur cette planète et ici nous sommes l’artifice de la nature, et même si on ne fait rien on affecte toujours la nature. Je veux faire le minimum d’impact. J’essaye donc de faire attention aux produits et utiliser le minimum »

Donc pas de bombe et très peu de couleurs sont utilisées.

RUBEN CARRASCO: UNE TECHNIQUE PRIVILÉGIÉE

Il s’agit d’une technique de peinture, le Drybrush, aussi appelée « technique du pinceau sec ». Les artistes qui utilisent cette technique vont généralement la réaliser plutôt en « étape dans un processus de réalisation ». Ils vont ensuite utiliser différentes couches de peintures et épaisseurs, différents pinceaux pour une réalisation formelle « académique ». C’est donc pour eux une utilisation partielle dans un processus.

Ruben Carrasco l’utilise complètement. Il la décrit comme une technique utile et facile.  Pour ce MUR de 35m2 il aura utilisé 350 ml de peinture et trois pinceaux. En revanche c’est un procédé avec lequel il n’a pas droit à l’erreur : il est très compliqué, voire impossible de repasser une fois le mouvement effectué.

L’EXPOSITION NEOSHAMANS : UN REGARD SUR L’INTERACTION DE L’HOMME AVEC LA PLANÈTE.

Ruben Carrasco à grandit entre la campagne et la ville, il a été sensibilisé très jeune à la chasse et à l’agriculture. « Par ces activités, j’ai eu une interaction directe avec la nature, je suis sensible au regard qu’on peut avoir sur celle-ci et également à la beauté des animaux. La « beauté » c’est le regard humain, mais pour l’animal elle fait partie de sa biologie, car elle influence la survie de certaines espèces. Et c’est intéressant cette idée d’un esthétisme pas nécessairement au service du fait de plaire. »

Ruben Carrasco Neo Shamans
Neo Shamans, Ruben Carrasco
Photo Tézia

L’exposition Neoshamans qui est visible jusqu’au 12 octobre prochain à la galerie Pole Magnetic Artlab se structure autour de deux façons d’interagir avec la planète : l’aspect scientifique et aspect chamanique. Une partie pragmatique et une autre métaphysique qui se joue autour de « l’humain », qui reste soit un « super scientifique soit un super chaman ».

« J’essaie donc de montrer comment on peut tomber sur la dévalorisation de certains points de la nature car notre regard reste humain. Scientifique ou chaman il reste emprunt de nos normes et de notre statut social.On pense avoir le « Pouvoir » par la connaissance, Mais que connaît on vraiment ? Aussi on croit que par la connaissance on avance, mais est ce qu’on avance vraiment ? »

Ainsi, il compose avec la nature, l’interaction spirituelle, la contemplation, l’empathie avec cette nature qu’on ne connaît pas vraiment, dans un contexte futuriste.

LAST FOREST DREAMER : UN RENARD QUI DORT ?

« Je trouvais que cette position donnait une forme de paix. Il y a une certaine beauté dans un corps mort ou endormi car il prend une place différente, sans tension. J’ai trouvé l’Inspiration dans le fait que chacun va se questionner différemment selon son inspiration : il dort ou il est mort selon l’interprétation de chacun, bien que mort il ne serait pas dans cette position, sauf si il était inconscient. Alors l’interprétation est vraiment libre. »

Il y a deux messages que Ruben Carrasco sous-tend avec Last Forest Dreamer : d’un côté la beauté du renard et de l’autre les arbres coupés qui signifient la déforestation. Une idée esthétique pour attirer l’attention, puis un second regard où quelques personnes vont se poser des questions parfois dérangeantes avec cette idée de mort possible.

On vous laisse donc faire votre propre interprétation en vous rendant au MUR!

INFORMATIONS UTILES POUR Ruben CARRASCO:

Bordeaux StreetCulture Remercie Ruben, Alla, Pierre et Claudio

DYOX: LA COULEUR DANS LA PEAU

Dyox realise sa fresque devant les étudiants de Vatel

Dyox est un graffeur originaire de Valence (Espagne), venu s’installer à Bordeaux, il fait partie du  Grafitti Crew 3GC. Gagnant du concours Vatel 2019, présent lors du Graffiti Jam de Tonneins, il a accepté avec plaisir de répondre à quelques questions

D’OÙ VIENT TON BLASE DYOX ?

DYOX et l'une de ses oeuvres de graffiti

Il fait référence à l’oxyde de titane, qui est de couleur blanche la mère de toutes les couleurs. C’est aussi un matériel qui est utilisé pour polir le diamant.Et comme je suis graffeur, je cherchais un nom assez court d’environ 4-5 lettres. Le but étant de graffer rapidement, combiner les lettres. Le X n’étant pas facile à réaliser, Dyox ça me plaisait et c’était pour moi comme un challenge. 

QUAND AS-TU COMMENCÉ À PEINDRE EN EXTÉRIEUR ?

Contribution de Dyox au Jam de Tonneins

J’avais 12 ans, je dessinais depuis plus petit et j’ai eu envie de peindre dans mon village. Aujourd’hui avec le travail c’est devenu un peu plus compliqué de caler ça dans l’agenda mais c’est quelque chose qui me fait du bien alors je le fait dès que j’ai un peu de temps. Je suis tatoueur et illustrateur mais même si je réponds à des commandes d’entreprises et de particuliers ; peindre reste une passion. Une passion parfois physique qui demande pas mal d’organisation.

A Tonneins j’essayais de peindre le matin pour avoir le maximum d’ombre. La chaleur était écrasante, c’était très dur et physique mais le résultat valait bien ces efforts. 

UNE ATTIRANCE POUR DES PERSONNAGES UN PEU FUTURISTE, DANS LE STYLE BD ?

Araignée bubble, peinture urbex

Il y a un rapport avec le métier d’illustrateur. J’aime beaucoup la bd depuis tout petit, c’est donc un peu une manière de montrer mon admiration pour cette discipline et ceux qui la font vivre.

De ce fait, j’aime aussi produire des compositions semi surréaliste, semi science-fiction. J’aime le côté futuriste-acide que je peux donner et aussi un peu lysergique et hallucinant, ça me plait beaucoup.

QUAND TU PEINS : UN MESSAGE À ENVOYER ?

Cela dépend du contexte : si c’est une série de travail en toile ou un mur en festival ou un Jam un dimanche avec les potes. Parfois il y a un message derrière, oui, même un peu caché, et parfois c’est juste un exercice de composition, de technique, de graphisme, de couleurs. Un jeu de couleur, de formes et d’imbrications

EN TANT QUE GRAFFEUR, QUELLE VISION AS-TU DU STREET ART 

fresque de Dyox, Bordeaux

C’est la porte ouverte à la multi techniques pour le graff ainsi que la conciliation entre le monde du graff et les galeries et le public universel. Moi je suis Graffeur, mais comme je travaille l’illustration je suis dans la ligne entre le graffiti et quelque part le street art. Il y a du street art que j’admire beaucoup, que je ne trouve pas très technique mais le message est fort. De ce fait, ce qui va me plaire : c’est si le message et/ou le code est intéressant. Je pense qu’il y a beaucoup de gens devenus street artiste par la « mode » ils sont peintre sur toile et le street art et le graffiti répond à un besoin de reconnaissance pas économique mais pour l’égo. En effet, dans la rue tout le monde te voit, et la reconnaissance, les artistes aiment quand même bien ça pour l’égo.

Finalement, le street art arrive après le graff: c’est un fils du graff. Les graffeurs se sont battus à la rue, sortis à la rue, mais il y a des street artistes qui ont fait des trucs incroyables aussi. Pour moi le street art c’est la conciliation entre le graff, les galeries et le public universel

PEUX-TU NOUS PARLER DU CONCOURS VATEL, DE LA FRESQUE « IDENTITY » ?

Des personnes m’ont informé du concours, alors j’ai eu envie de participer. Je me suis dit que c’était une opportunité pour rentrer dans le circuit à Bordeaux. Je suis connu dans le milieu mais pas pour le public. Du coup des gens se sont intéressés à mon travail. L’année prochaine je serai Jury, et je participerai donc d’une autre manière.

FRESQUE « IDENTITY » : PLUSIEURS SYMBOLES

Le thème c’était la Multi-culturalité alors j’ai choisis de faire des symboles culturels, historiques ou mystiques de différents horizons. Je souhaitais montrer qu’au final le but est le même, le chemin à la mort est le même, l’adoration des dieux est la même et au final on forme tous la même chose, avec différentes couleurs, différentes manières de faires ou habitudes et traditions.  Au final on parle tous de la même chose.

J’ai cherché par cette œuvre à mêler technique, concept et abstraction. Avoir un concept c’est beaucoup plus intéressant, ça donne du sens à mon travail. Je cherche à provoquer une vibration, un feeling, un questionnement du spectateur.

La main avec la flamme représente l’énergie qui flotte et qui dit qu’on est tous la même chose, la même lumière. On retrouve le renard à neuf queues Kitsune qui est un symbole de protection japonais, le calavera mexicain comme référence à la mort dans le but de célébrer la vie. Puis il y a encore d’autres références: hippie, bouddhiste, la main de Fatima, la colombe catholique, un masque africain. Différents symboles, mais au final tous forment comme un seul et même visage composé de différentes ethnies qui tient dans sa main la même énergie.

 ET TON ARRIVÉE À BORDEAUX ?

A Bordeaux j’ai aussi fait le MUR en 2016 et quelques peintures vers les Aubiers, Darwin lors du festival Bordeaux sous les bombes, ainsi que le Shake Well.

Il faut dire que je fais aussi les anniversaires du Crew et à force de venir à Bordeaux 4 ou 5 fois dans l’année, j’ai décidé de m’y installer. Pour moi le 3GC c’est avant tout mes amis, on peint on voyage ensembles, on est des passionnés soudés.

Photo: Tézia .
Détail du Mur pour le Périgueux Jam par le 3GC
(Bros, Dyox, Gams, Jonz, Ledis, Colyr, Sheme, Moksa, Stab, Bulea, Persu, Mobs, Slick, Drope, Colfer, Cone, TeiGR, Korse, Renz)

ACTUS DE DYOX:

Dyox est aussi tatoueur, tu peux le retrouver dans les salons du tatouage de la région

Tu peux suivre :

Son compte instagram pour suivre ses actus de graffeur : @Dyoxone

Son compte de tatouer et le contacter pour tout projet tatoo: @dyoxink

Et sur Facebook

Le compte Instagram du 3GC : @3GC

SETH COLORE L’INSTITUT MAGREZ : 1,2,3 SOLEIL !

l’Institut Culturel Bernard Magrez accueillait au sein du Château Labottière, la première exposition muséale en solo en France de l’artiste Globe Painter : Seth . C’était un véritable voyage immersif avec des œuvres grandeur nature composées d’objets locaux intégrés, de photos, sculptures et vidéos.

SETH À TRAVERS LE MONDE : LES COULEURS DE L’IMAGINATION ET DE LA LIBERTÉ DE PENSER

« On me dit souvent : Mais qu’est-ce qu’il pense ? Est-ce qu’il est triste, content ? Est-ce qu’il est tourné vers le passé ou le futur ? Je réponds : c’est à vous de me le dire ».

Julien prend le nom de Seth en 1995 quand il commence à graffer dans les rues de Paris, très vite il abandonne le lettrage pour réaliser des personnages. Issus de l’univers graffiti et parallèlement diplômé de l’École Nationale des Arts Décoratifs, il utilise diverses techniques, et mélange les styles et les supports.

« On a pas beaucoup d’espace de liberté aujourd’hui avec tout ce qu’on a comme information, et peindre dans la rue c’est aussi une façon pour moi de laisser aux gens une liberté de penser.

Le travail de Seth est toujours articulé autour du même objectif : s’adapter aux lieux, utiliser un endroit et son contexte pour raconter quelque chose. Cette dynamique l’emmène à parcourir le monde, véritable « globe painter »

LE CHÂTEAU LABOTTIÈRE : UNE SALLE DE JEU ET DE PARTAGE

L’exposition était ouverte de l’été à l’automne 201. Pour l’occasion, le château était habillé aux couleurs de Seth. Les colonnes centrales sont recouvertes des teintes du vortex, sur les murs en contrebas des enfants en train de jouer à un jeu de construction. C’est un peu ce que va faire Seth. Au fil de l’exposition il va jouer avec la construction classique du château, l’intégrer à son œuvre, tout en faisant appel à ton imagination.

L’exposition se nomme 1,2,3 soleil. Comme le jeu populaire du même nom dont le principe est de se rapprocher du mur sans se faire voir. Le mur, support indispensable au graffiti et au street art.

Dans une des salles de l’Institut Magrez, Seth rend hommage à Mono Gonzalez, Artiste Chilien de 73 ans, muraliste. Rencontré en 2010, c’est quelqu’un qui l’a beaucoup influencé dans l’idée d’un « street art social » : peindre pour les gens.

« Les premiers spectateurs sont les gens, ceux qui habitent en face, l’idée est de ne pas peindre que pour son propre plaisir, sa photo etc… mais d’avoir ce dialogue avec la vie, le lieu et les personnes qui y vivent. »

ÊTRE GLOBE PAINTER : VIVRE ET PARTAGER SON ART AVEC RESPECT

Seth apporte une importance particulière à dialoguer avec les populations, s’imprégner de l’Histoire, de la culture locale et de l’évolution des pays qu’il parcoure.

« J’estime que j’ai une responsabilité en peignant dans la rue, celle de ne pas faire n’importe quoi. J’essaye que mon idée, mon dessin ne soit pas trop invasif. Le plus important étant que les gens se reconnaissent et que ça leur parle ».

L’artiste apporte en dernier lieu une importance particulière à la photo, «  c’est tout ce qui reste, la peinture s’abîme ou disparaît ».Alors n’hésite pas à te rendre rue de Tivoli à Bordeaux pour découvrir cette exposition unique en France

BON À SAVOIR :

-L’institut Culturel Bernard Magrez, 16 Rue de Tivoli à Bordeaux, propose deux ateliers au château en lien avec l’univers de Seth :

  • le 14 septembre : SETH ET LES FRESQUES VÉGÉTALES DE MONO GONZALES
  • le 28 septembre : SETH -VORTEX A LA BOMBE ET COLLAGE

*Infos et réservation via le site https://www.institut-bernard-magrez.com

-L’entrée au château permet de visualiser les autres expositions en cours.

-Site de l’artiste : http://seth.fr

Photo ©Tézia

Rouge Hartley à l’Institut Culturel Bernard Magrez – La nuit n’en finit plus

«  Le rouge est un champ Chromatique, allant entre l’orange et le pourpre, lavé de blanc le rouge devient rose, sombre il s’appelle Brun »

Cette définition du rouge, correspond au travail de Rouge Hartley; multidisciplinaire, qui oscille entre le street-art, l’art contemporain et l’art classique. 

Une chance pour nous de rencontrer Rouge Hartley lors du vernissage de son exposition , qui se tient actuellement à l’institut culturel Bernard Magrez.

La nuit n’en finit plus … Le titre de son exposition vous dit quelques choses ? 

Peut être une phrase que vous vous êtes murmuré lors d’une soirée d’insomnie, de réflexion ou de dur labeur. La nuit est propice à nous retrouver avec nous mêmes. 

Cette phrase, elle l’a emprunté à une artiste de variété des années 60, Petula Clark. Chanson qui l’accompagne lors de la création de son exposition en à l’institut, et que l’on retrouve dans les titres des tableaux.

«  L ‘exposition est beaucoup plus refermée sur l’espace domestique , sur l’intime, sur l’espace intérieur. Avec des personnages qui affrontent des passages a vide. Alors que d’ordinaire je vais plus sur des sujets un peu plus sociaux et plus ouvert vers l’extérieur  » 

Rouge

Le temps de création est pris. Contrairement à l’art Urbain: une performance qui demande beaucoup de célérité et d’organisation.

Rouge Hartley complète une façon de faire qui lui vient de son parcours a l’Ecole des Beaux Arts de Bordeaux avec son expérience dans le street art. C’est son procédé afin de nous conter des histoires et des moments de vie.

Rouge Hartley: une inspiration par la lecture, la musique, et les moments de vie que nous traversons. 

En échos à cette nuit qui n’en finit plus, Rouge ne s’est pas donnée de ligne directive ou de thème. Elle met a plat sa pratique en réfléchissant aux passages du quotidien avec lesquels nous sommes confrontés.

« Partir du réel c’est hyper important , dessiner des choses générique ne m’intéresse pas »

Rouge

Pour décomposer son travail, elle est part de photos faites avec des modèle, des gens qu’elle connais avec qui elle a lien puis elle les met en scènes. Jouer sur les lumières, pour ensuite retranscrire en esquisse puis en peinture. Puis en ressortir quelque chose de singulier.

Ce sont des personnages qui affrontent des passage a vide dans leur stase un peu suspendu. Rouge à ainsi voulu ajouter quelques contrastes. Une touche de fond coloré, une densité matérielle donnée par les objets et notamment par les masses de tissus que l’on retrouve dans beaucoup de ses peintures.

« Tous doit être euphorique , incroyable , mais il y a des jours comme ça ou l’on rentre d’ikea, ou c’est pourris et que l’on a rien a se dire … et bien c’est pas grave »

Rouge

Son exposition se veut être ainsi un réflexion sur le quotidien que nous affrontons tous.

Son Actualité

logo mur du souffle

Dernièrement , Rouge a participer au Mur Du Souffle , en réalisant « une chambre à soi ».

Association Le Mur du Souffle

Le mur du souffle

Le mur du souffle est une association qui met des murs à la disposition d’artistes, qui vont venir les peindre de façon bénévole.

Par la suite, ces murs sont photographier pour être reproduit de différentes façon, les oeuvres qui en résultent sont mise à la vente pour soutenir la lutter contre la Mucoviscidose.

Pour vous procurez une oeuvre de Rouge et soutenir l’association c’est par ici : Une chambre à soi

Rouge Hartley et la fondation Desperados. Court circuit, un projet qui a pour but de partager l’art Urbain. 

Oeuvre de Rouge dans Bordeaux pour Courts-Circuits ©Luka Merlet

« Avec la commissaire d’exposition Maaike Hamerlinck à ses côtés, Rouge a invité 5 artistes de la scène urbaine contemporaine à créer des œuvres uniques et transportables.

Madame, Manolo Mesa, Isaac Cordal, Matth Velvet, Rero et Rouge elle-même ont ainsi imaginé 6 œuvres originales qui seront confiées à vie à 6 amateurs sélectionnés par un jury sur candidature. En échange de ce « prêt à vie », ces amateurs s’engagent à faire vivre les œuvres dont ils ont la garde auprès du grand public, en les promenant dans la ville de Bordeaux, au moins une fois par mois pendant 6 mois. »

Visible sur les murs de Solidarité Gironde , Rue Corps Franc Pommies, 33000 Bordeaux
Ca participation à la fresque du secours populaire , 95 quai de Paludate à Bordeaux
Fresque Visible sur le mur de la bibliothèque du grand Parc , au 34 rue Pierre Trebod
En duo avec l’artiste David Selor , visible dans le quartier de la gare.