1000 M2 : un espace artistique à Bègles

Situé dans un ancien bâtiment industriel ; 1000 M2 se compose de 800 m2 dédiés à la création d’ateliers partagés ainsi qu’une galerie d’art de 200 m2. L’espace extérieur est quant à lui utilisé comme espace de libre expression où les fresques murales des artistes résidents fleurissent. Cependant, ces fresques pourront évoluer au grès du temps, des envies et des invitations lors de divers évènements à venir

La scène locale girondine mise en avant

Le bâtiment est composé de 800m2 d’ateliers individuels investis par Charl Zarl, Chloé SAGNOL, EPIS, Mt., Jean Rooble, Landroïd, Stéphane Carricondo, Tomas Lacque et TRAKT. Chacun ayant son univers, c’est ainsi que le graffiti, la sculpture, la rupture visuelle, la recherche autodidacte mélangeant les genres, le surréalisme, l’insolite en fusion avec la technologie, la recherche vibratoire et spirituelle, le minimalisme et le sens du détail cohabitent au sein de cet espace de création.

Enfin, les 8 artistes résidents sont reconnus pour leur implication dans la vie culturelle et artistique régionale. 1000 M2 est donc un lieu dédié au développement professionnel et à la diffusion de la scène locale. Les 200M2 de galerie sont donc dédiés aux artistes et collaborations diverses.

1000 M2 Un espace ouvert au public

Le collectif prévoit d’animer des ateliers de découverte ou d’initiation à destination de tous les publics. De fait, des visites sont possibles, sur réservation pour le moment. Celles-ci sont disponibles via le site https://www.1000m2.org/visites/

Epis lecoktail 1000M2 EP1S
EPIS /photo @tezia

Aussi, nous te conseillons de suivre de près les actus sur le site (onglet « programme 1000 M2 » et « réserver votre visite »)

Une première exposition:

Suite aux visites des ateliers lors de l’inauguration, 1000 M2 propose sa première exposition. « Ruptures » du vendredi 12 dimanche 14 février par Mt. (Pensez à réserver sur leur site internet).

INFOS UTILES

A noter que le site internet https://www.1000m2.org est réellement le lieu où se trouvent toutes les infos concernant les expos et évènements à venir.

Landroïd/ photo @tezia

Source article : communiqué de presse 1000M2. Photos réalisées lors de la visite inaugurale de décembre 2020. Remerciements aux artistes

Yellel: Hamid Ben Mahi

Compagnie Hors serie

Photo de couverture ©-Jean-Charles-Couty

Nous avons pu assister le 4 février à Saint Médard en Jalles, salle Carré-Colonnes, à la représentation de Yellel. C’est la 14eme pièce de la compagnie Hors-Série qui fête ses 20 ans cette année. Fondée par le danseur et Chorégraphe Bordelais Hamid Ben Mahi. Pour donner vie à Yellel il s’est entouré de 5 talentueux danseurs et de 3 musiciens qui ont composé une bande son unique pour cette création (Manuel Wandji, Hackim Hamadouche et Ahmad Comparé). Ils nous présentent un mélange subtil entre danses et musiques traditionnelles d’Orient, batterie, percussions et Hip Hop contemporain avec pour fil conducteur la question identitaire « Qui suis-je ? D’où je viens et où je vais ? »

Vidéo de  © Grégory Martin

Yellel : une réflexion autour des identités

Lorsqu’il a imaginé Yellel, Hamid a trouvé un vecteur d’inspiration dans le livre d’Amin Maalouf « les identités meurtrières » . Cet essai relève le fait que nous avons tous plusieurs appartenances alors que notre société nous demande parfois de choisir l’une d’entre elle.  

« Il faut apprendre à vivre avec plusieurs appartenances et tout est une richesse, alors pourquoi choisir ? Je dis souvent, qu’on est parfois plus proche de son voisin que d’un cousin qui est à 1000km, mais on a aussi des attaches avec ce cousin qui est si loin ».

Hamid Ben Mahi

La question identitaire est le sujet principal de l’œuvre. Hamid a grandi à Bordeaux. En choisissant Yellel comme titre (nom du village algérien dont son père est natif), il fait ainsi un clin d’œil à ses origines, part de sa propre identité.

Yellel : entre Hip Hip et danse traditionnelle

La danse Hip Hop est née aux Etats Unis dans les années 60-70 et est arrivée en France dans les années 80. Hamid a repris beaucoup de variantes de la danse Hip Hop. On retrouve des techniques au sol : break dance, top-rock, voguing et d’autres techniques debout qui viennent de Los Angeles : tutting, funk style, locking et popping.

« Nous avons fait école de toutes ces techniques et nous avons mélangé différentes danses, académiques, contemporaines mais aussi traditionnelles d’Orient. »

Hamid Ben Mahi

Grâce à la présence des danses ancestrales et traditionnelles d’Orient issues de différentes techniques d’Afrique et du Maghreb, Hamid a pensé Yellel comme une forme de rituel, de fête, de partage. On retrouve un mélange des danses alaouis, des danses palestiniennes, du dabkeh libanais, des danses soufies, de gnaouas (Maroc) ainsi que des danses touarègues.

Yellel. Dance Hip Hop.Hamid Ben Mahi. Omar Rechimi. Compagnie Hors Série
Photo © Pierre Planchenault

Présentation des danseurs : 

Hamid BEN MAHI

Il démarre en tant que gymnaste. Puis il se dirige vers le Hip Hop. Hamid a commencé à danser il y a 30 ans dans les cités du Grand Parc et des Aubiers avec le  groupe de Rap FGP (Future Génération Posse) de Souleymane Diamanka.

En parallèle, il intègre le conservatoire de danse académique. Hamid touche à tout, il s’intéresse à la fois à la danse contemporaine mais également aux différentes techniques classiques, américaines etc.

Aïda BOUDRIGUA

D’origine tunisienne, elle a une formation contemporaine. Elle a également pu travailler un métissage de différentes techniques : salsa flamenco, hip hop, funk, hype.

Matthieu COROSINE

Passionné depuis tout petit, il a commencé en prenant des cours de base dans tous les styles du Hip Hop. Puis, il se découvre une sensibilité forte pour le break danse qu’il a beaucoup travaillée. Enfin, il décide de se mettre au hip hop freestyle, une des danses qui se pratique plutôt debout, tout en ajoutant les bases assimilées avec le break.

Omar REMICHI

Né à Alger, son premier style de danse était le Hip Hop. Ensuite il s’intéresse à la danse traditionnelle et intègre le ballet national d’Algérie. Aujourd’hui, Omar fait partie du groupe Last Squad de Bordeaux, champion du monde de break en 2019.

Il touche à tous les styles de danse mais sa spécialité reste le break « tout ce qui est dur » c’est un danseur de popping et locking.

Elsa MORINEAUX

Arrivée à Bordeaux pour faire une formation contemporaine, elle a commencé par le jazz, puis a découvert le Hip Hop avec le break. Aujourd’hui elle s’intéresse aussi au lock, pop, house.  

Arthur PEDROS

De parents danseurs, on dit d’Arthur qu’il est né dedans.Il s’est formé dans différentes écoles du hip hop, puis s’est spécialisé en locking pour la compétition mais également en danses contemporaines et modernes pour la création.

Compagnie Hors série , Yellel, Hamid Ben Mahi
Photo ©-Jean-Charles-Couty

Yellel puise la richesse de sa représentation dans la rencontre de diverses disciplines et véhicule ainsi un message fort . Que ce soit à travers la danse ou dans la vie de tous les jours, Il y a des codes, des identités diverses dont le mélange est possible car c’est l’ensemble qui fait naître l’harmonie.

Mêler plusieurs appartenances sans avoir nécessairement à choisir. Puisque une identité entière n’est pas le fruit d’une seule appartenance mais de l’imbrication de plusieurs univers.

« La danse vient pour Oublier, s’oublier pour laisser ces questions de quête identitaire. »

Hamid Ben Mahi
Yellel, Elsa Morinaux, compagnie Hors Série, Hamid Ben Mahi
Photo ©-Grégory-Martin

Infos utiles et Actus:

La compagnie Hors-Série organise un Carnaval Hip Hop en collaboration avec le Carnaval des Deux Rives, Le Rocher de Palmer, La Rockschool Barbey et la Fabrique Pola,  !

Un parade dansée aura lieu le 8 Mars. Ainsi qu’un workshop hip hop gratuit et ouvert à tous au Rocher de Palmer du 2 au 8 Mars 2020. L’occasion de découvrir les techniques hip hop, popping, etc avec Hamid Ben Mahi, Frédéric Faula, Omar Remichi et d’autres artistes invités !

lien de l’événement facebook: https://www.facebook.com/ events/527915571264345/

Remerciements à la compagnie Hors Série dont Ninon Boyer , le Carré Colonnes, Sarah Fondeville de Urban Art Bordeaux et Prune Thevenon.

Photos et vidéos: Jean-Charles Couty, Grégory Martin, Pierre Planchenault .

RUBEN CARRASCO: NEOSHAMANS AU M.U.R

Ruben Carrasco Neo Mur Bordeaux

Ruben Carraco signait la performance n°48 c’était le 13 septembre, le M.U.R de Bordeaux fêtait ses 5 ans et
Artiste d’origine mexicaine habitant au Canada, grand voyageur, il fait part d’une grande sensibilité envers la nature.
Son coup de pinceau ne laissant personne indifférent, Claudio Maldonado Aka Xunorus, guitariste compositeur argentin qui passait par pur hasard devant le mur a tout de suite été séduit et inspiré. Si bien qu’il a tenu à participer au vernissage. Un très beau cadeau d’anniversaire pour le M.U.R ; C’est Pendant la réalisation de cet incroyable renard endormi, peint sur les 35M2 du mur avec seulement 350Ml de peinture que nous avons pu rencontrer Ruben, il partage avec nous sa philosophie artistique

UNE EXPRESSION ARTISTIQUE PLURIELLE:

Ruben Carrasco a commencé à peindre comme tous les enfants, sauf qu’il ne s’est jamais arrêté. Il a très vite eu le sentiment d’avoir trouvé sa voie et il s’est lancé.

« J’avais l’idée de faire de la peinture, de m’exprimer artistiquement. Aujourd’hui je réalise cela sur plusieurs surfaces et supports : murs, toiles, sculptures, et même art digital. »

Originaire du Mexique, Pays du muralisme, cela ne le définit pas mais il y a pour Ruben Carrasco une influence inconsciente : « C’est comme pour Bordeaux avec le vin, on n’est pas nécessairement conscient de ça mais il y a certainement une influence. Car c’est finalement quand tu sors du pays, de son ancrage, de ce qui peut le définir dans ses particularités que tu deviens plus conscient de celles-ci » .  

Ruben Carrasco peint le renard endormis, Bordeaux

Muralisme

Rappelons que le muralisme est un courant artistique né à la suite de la révolution mexicaine de 1910. Pour les artistes les murs sont l’objet de toutes les attentions artistiques car ils sont à tout le monde et peuvent s’adresser à la compréhension de tous, même ceux qui n’ont pas la chance de savoir lire. Selon Ruben, le muralisme était très exigeant par le passé. Avant de dire « je suis un muraliste » il devait y avoir beaucoup de technique et de connaissance « chimique » : la surface, la préparation du mur etc… c’est quelque chose qui à beaucoup évolué aujourd’hui.

« Je me suis dirigé vers des études en Art Plastique au Mexique. Mais je n’ai pas fait les 5 ans d’études que voulait le « cursus ». J’ai pris ce que je voulais prendre et j’ai voulu construire le reste par moi-même. J’ai cependant trouvé intéressant de rencontrer des Maîtres qui me parlaient de concepts »

ENTRE CONCEPT ET PHILOSOPHIE

Aujourd’hui Ruben Carrasco passe beaucoup de temps en studio. « Si je sors faire un mur c’est pour quelque chose de très spécifique. Je ne suis pas quelqu’un qui va spontanément descendre peindre ; Pas parce que je ne veux pas mais parce que je n’ai pas forcement le temps ou l’opportunité de faire cela »

Cependant d’ici l’an prochain il a pour projet d’insérer ses œuvres dans des lieux pas accessibles à tous, des lieux underground, (voire interdits au public) des lieux que tu dois chercher. Le but étant de ne pas imposer une idée dans le lieu public. Lieu public auquel il est attentif . 

école et Mur de Bordeaux, enfant et renard de Ruben Carrasco

« Ici on est près d’une école et je veux que le message touche aussi les enfants. J’aime peindre dans l’idée philosophique. On est sur cette planète et ici nous sommes l’artifice de la nature, et même si on ne fait rien on affecte toujours la nature. Je veux faire le minimum d’impact. J’essaye donc de faire attention aux produits et utiliser le minimum »

Donc pas de bombe et très peu de couleurs sont utilisées.

RUBEN CARRASCO: UNE TECHNIQUE PRIVILÉGIÉE

Il s’agit d’une technique de peinture, le Drybrush, aussi appelée « technique du pinceau sec ». Les artistes qui utilisent cette technique vont généralement la réaliser plutôt en « étape dans un processus de réalisation ». Ils vont ensuite utiliser différentes couches de peintures et épaisseurs, différents pinceaux pour une réalisation formelle « académique ». C’est donc pour eux une utilisation partielle dans un processus.

Ruben Carrasco l’utilise complètement. Il la décrit comme une technique utile et facile.  Pour ce MUR de 35m2 il aura utilisé 350 ml de peinture et trois pinceaux. En revanche c’est un procédé avec lequel il n’a pas droit à l’erreur : il est très compliqué, voire impossible de repasser une fois le mouvement effectué.

L’EXPOSITION NEOSHAMANS : UN REGARD SUR L’INTERACTION DE L’HOMME AVEC LA PLANÈTE.

Ruben Carrasco à grandit entre la campagne et la ville, il a été sensibilisé très jeune à la chasse et à l’agriculture. « Par ces activités, j’ai eu une interaction directe avec la nature, je suis sensible au regard qu’on peut avoir sur celle-ci et également à la beauté des animaux. La « beauté » c’est le regard humain, mais pour l’animal elle fait partie de sa biologie, car elle influence la survie de certaines espèces. Et c’est intéressant cette idée d’un esthétisme pas nécessairement au service du fait de plaire. »

Ruben Carrasco Neo Shamans
Neo Shamans, Ruben Carrasco
Photo Tézia

L’exposition Neoshamans qui est visible jusqu’au 12 octobre prochain à la galerie Pole Magnetic Artlab se structure autour de deux façons d’interagir avec la planète : l’aspect scientifique et aspect chamanique. Une partie pragmatique et une autre métaphysique qui se joue autour de « l’humain », qui reste soit un « super scientifique soit un super chaman ».

« J’essaie donc de montrer comment on peut tomber sur la dévalorisation de certains points de la nature car notre regard reste humain. Scientifique ou chaman il reste emprunt de nos normes et de notre statut social.On pense avoir le « Pouvoir » par la connaissance, Mais que connaît on vraiment ? Aussi on croit que par la connaissance on avance, mais est ce qu’on avance vraiment ? »

Ainsi, il compose avec la nature, l’interaction spirituelle, la contemplation, l’empathie avec cette nature qu’on ne connaît pas vraiment, dans un contexte futuriste.

LAST FOREST DREAMER : UN RENARD QUI DORT ?

« Je trouvais que cette position donnait une forme de paix. Il y a une certaine beauté dans un corps mort ou endormi car il prend une place différente, sans tension. J’ai trouvé l’Inspiration dans le fait que chacun va se questionner différemment selon son inspiration : il dort ou il est mort selon l’interprétation de chacun, bien que mort il ne serait pas dans cette position, sauf si il était inconscient. Alors l’interprétation est vraiment libre. »

Il y a deux messages que Ruben Carrasco sous-tend avec Last Forest Dreamer : d’un côté la beauté du renard et de l’autre les arbres coupés qui signifient la déforestation. Une idée esthétique pour attirer l’attention, puis un second regard où quelques personnes vont se poser des questions parfois dérangeantes avec cette idée de mort possible.

On vous laisse donc faire votre propre interprétation en vous rendant au MUR!

INFORMATIONS UTILES POUR Ruben CARRASCO:

Bordeaux StreetCulture Remercie Ruben, Alla, Pierre et Claudio