Matth Velvet Bordeaux

Galerie des oeuvres de l’artiste Matth Velvet , pour en savoir plus sur son art : article en ligne sur son exposition « Standard Club » qui se déroule en ce moment à l’Institut Culturel Bernard Magrez à Bordeaux.

Matth Velvet dans les rues de Bordeaux

Des Capucins aux Chartrons, l’artiste à laissé ses couleurs sur les murs.

Les Blocstops sur les quais de Bordeaux par Mathh Velvet

Pendant l’été 2019, à donné un peu de vie à ses blocs de Béton

Volée pour pièces

L’oeuvre itinérante à été produite pour l’initiative « Court Circuit » porté par l’artiste Rouge et la Fondation Desperados à Bordeaux

Standard Club

Mur réalisé pour son exposition qui se déroule en ce moment à l’institut culturel Bernard Magrez , à Bordeaux.

« Maison ouverte rend voleur l’homme honnête » Photo par Tezia
« Maison ouverte rend voleur l’homme honnête » Photo par Tezia

Matth Velvet : Standard club

Matth Velvet standard Club

Nouvellement Bordelais, remarqué par son talent de coloriste Matth Velvet, est le Deuxième artiste qui prend possession de l’atelier résidence de l’Institut Culturel Bernard Margez. Il succède à Rouge et nous offre une exposition de pièces uniques et hautes en couleurs. Elles sont visibles dans le pavillon de la Boétie jusqu’au 22 mars 2020.

Egalité entre la rue et l’atelier.

Dans les années 2000 Matth utilise l’aérosol et pratique le graffiti classique, pour diverses raisons il abandonne ce procédé et travaille uniquement au pinceau. Il expérimente les couleurs, apprend les noms des teintes des pigments puis assez naturellement s’est réduit à celles qu’il prend le plus de plaisir à travailler. « Pour moi c’est intéressant de travailler le bleu et le jaune, cela me permet d’exprimer beaucoup de typologies de lumière. »

Matth Velvet oeuvre de rue Bordeaux
photo @nicopoussain

Son processus de création est semblable en extérieur et en atelier, il reprend la façon de peindre dans la rue, « Comme on ne peut pas généralement trop s’y attarder, je me fais une palette de 8 couleurs et réduis l’image sur ces 8 teintes ».

Lorsqu’il peint en extérieur, il réalise le même genre de sujet qu’en atelier. « J’ai pour volonté que dans la rue mes œuvres soient des tableaux gratuits. » Il essaye donc de chercher des murs au format de tableau. Matth Velvet est également intéressé par différents supports tels que des objets de la vie courante qu’il transforme en œuvres d’art : portes, pièces automobiles , Bloc stop.

Une passion pour les objets, une réflexion sur la production

Designer industriel de formation Matth Velvet prend un réel plaisir à représenter des objets.  L’esthétique industriel l’intéresse toujours. Cependant cette expérience professionnelle l’a amené à se questionner sur le réel besoin de produire autant. Matth est sensible aux limites de l’exploitation des ressources.  « Après avoir vu comment les choses que je dessinais étaient fabriquées, je préfère aujourd’hui que mes réalisations restent à l’état de tableaux ».

L’œuvre « rate now » est une réflexion sur le transport de marchandises qui peuvent venir de l’autre bout du Monde. « Le cargo représente toutes ces choses qui pourraient être à l’échelle locale et qui traversent le Monde. »

Ses œuvres sont empreintes de l’expérience de ce premier métier et de son amour pour l’esthétique des objets. Elles nous amènent à nous questionner sur notre rapport à la possession et à ce que nous y recherchons… et à quel prix.

Standard club : l’Homme et l’accumulation de biens matériels

« Dans l’idée de standardisation il y a aussi l’idée d’industrialisation, de répétition d’objets. C’est aussi un clin d’œil à ce qu’était mon ancien métier ». Le titre « Standard club » est choisi en rapport au standard matériel occidental auquel on souhaite accéder globalement. « Acquisitions, pour faire partie d’une sorte de club, avoir sa  carte de membre. Mais est- ce vraiment ce qu’on veut poursuivre dans la vie ? » 

Objets et image

Pour Matth dans un bien matériel il y a un côté volatil et éphémère mais aussi un attachement pérenne qu’on peut avoir aux choses et aux souvenirs qu’elles engendrent.

« Parcelle » représente bien « standard club », c’est l’idée des vacances estivales et de cette plage où chacun veut obtenir sa parcelle de bonheur. Mais finalement on y manque un petit peu d’espace. Une scène qu’il a voulu représenter comme étant assez heureuse et paisible dans les actions des personnages. Le fond n’est cependant pas couleur sable mais violet-gris pour un effet qui rappellerait plutôt le bitume, et donc quelque part l’inconfort de quelque chose qui n’est pas naturel.

Objets et souvenirs

Matth Velvet exposition standard cluc Bordeaux Magrez

L’œuvre « pré internet-era » représente des Voitures téléguidées. » C’est un rapport à l’enfance, à des objets que j’ai pu connaître dans mon jeune âge. Quand on poussait les portes de la maison et qu’on allait jouer dehors avant qu’internet s’installe dans notre quotidien « 

Matth Velvet exposition standard club Bordeaux Institut Bernard Magrez
Succession
photo @tezia

La peur de la perte

Enfin dans cette idée de rapport de l’Homme à l’objet Matth apporte plusieurs pistes de réflexion. Celle de l’acquisition/ possession et de l’accumulation / image mais aussi également de la peur de la dépossession des objets. Il représente des structures fragiles et des intrus dans certaines œuvres qui viennent fournir l’équation possession/dépossession.

Moi quand j’étais petit on me disait si un jour vraiment tu réussis tu auras peut-être une Porsche »

Standard Club, Matth Velvet
Standard Club

 Dans l’oeuvre « Standard club » qui porte le même nom que l’exposition, on peut voir des choses qui s’effondrent, un équilibre instable : amas d’objets et puis une Porsche symboliques de la possession et de la réussite.

Matth Velvet: en découvrir plus sur Bordeaux:

Dans le quartier des Capucins ou celui des Chartrons, tu peux retrouver certaines de ses œuvres de rue, En poursuivant ta balade sur les quais, au niveau du skate parc tu pourras découvrir des bloc-stop embellis par l’artiste.

Volée pour pièces, une oeuvre itinérante de Matth Velvet.

Tu peux aussi suivre le parcours de « volée pour pièces » sur Instagram. Matth Velvet participe au projet  « courts-circuits » de la fondation  Desperados qui promouvoit l’art urbain. C’est l’une des 6 œuvres confiées le 15 novembre dernier à 6 passionnés d’art urbain, lors de la soirée d’inauguration qui se tenait au sein de la galerie Pôle Magnetic Artlab. Grâce à ce projet inédit, cette œuvre se promène occasionnellement à Bordeaux dans les bras de son adoptant.

"volée pour pièces"
oeuvre itinérante de Matth Velvet
« Volée pour Pièces » quitte la galerie Pole Magnetic
photo @tezia

Autres Infos utiles pour Matth Velvet :

  • On t’invite donc à venir sur place et découvrir cette fabuleuse exposition jusqu’au 22 mars, les 12 œuvres de Matth Velvelt ainsi que le Mur dans la cour du château Labottière.
Mur de Matth Velvet
Le mur du Château Labottière
Institut Culturel Bernard Magrez

Rédaction : Tézia ; Photos: Nico Poussain , Tézia

RUBEN CARRASCO: NEOSHAMANS AU M.U.R

Ruben Carrasco Neo Mur Bordeaux

Ruben Carraco signait la performance n°48 c’était le 13 septembre, le M.U.R de Bordeaux fêtait ses 5 ans et
Artiste d’origine mexicaine habitant au Canada, grand voyageur, il fait part d’une grande sensibilité envers la nature.
Son coup de pinceau ne laissant personne indifférent, Claudio Maldonado Aka Xunorus, guitariste compositeur argentin qui passait par pur hasard devant le mur a tout de suite été séduit et inspiré. Si bien qu’il a tenu à participer au vernissage. Un très beau cadeau d’anniversaire pour le M.U.R ; C’est Pendant la réalisation de cet incroyable renard endormi, peint sur les 35M2 du mur avec seulement 350Ml de peinture que nous avons pu rencontrer Ruben, il partage avec nous sa philosophie artistique

UNE EXPRESSION ARTISTIQUE PLURIELLE:

Ruben Carrasco a commencé à peindre comme tous les enfants, sauf qu’il ne s’est jamais arrêté. Il a très vite eu le sentiment d’avoir trouvé sa voie et il s’est lancé.

« J’avais l’idée de faire de la peinture, de m’exprimer artistiquement. Aujourd’hui je réalise cela sur plusieurs surfaces et supports : murs, toiles, sculptures, et même art digital. »

Originaire du Mexique, Pays du muralisme, cela ne le définit pas mais il y a pour Ruben Carrasco une influence inconsciente : « C’est comme pour Bordeaux avec le vin, on n’est pas nécessairement conscient de ça mais il y a certainement une influence. Car c’est finalement quand tu sors du pays, de son ancrage, de ce qui peut le définir dans ses particularités que tu deviens plus conscient de celles-ci » .  

Ruben Carrasco peint le renard endormis, Bordeaux

Muralisme

Rappelons que le muralisme est un courant artistique né à la suite de la révolution mexicaine de 1910. Pour les artistes les murs sont l’objet de toutes les attentions artistiques car ils sont à tout le monde et peuvent s’adresser à la compréhension de tous, même ceux qui n’ont pas la chance de savoir lire. Selon Ruben, le muralisme était très exigeant par le passé. Avant de dire « je suis un muraliste » il devait y avoir beaucoup de technique et de connaissance « chimique » : la surface, la préparation du mur etc… c’est quelque chose qui à beaucoup évolué aujourd’hui.

« Je me suis dirigé vers des études en Art Plastique au Mexique. Mais je n’ai pas fait les 5 ans d’études que voulait le « cursus ». J’ai pris ce que je voulais prendre et j’ai voulu construire le reste par moi-même. J’ai cependant trouvé intéressant de rencontrer des Maîtres qui me parlaient de concepts »

ENTRE CONCEPT ET PHILOSOPHIE

Aujourd’hui Ruben Carrasco passe beaucoup de temps en studio. « Si je sors faire un mur c’est pour quelque chose de très spécifique. Je ne suis pas quelqu’un qui va spontanément descendre peindre ; Pas parce que je ne veux pas mais parce que je n’ai pas forcement le temps ou l’opportunité de faire cela »

Cependant d’ici l’an prochain il a pour projet d’insérer ses œuvres dans des lieux pas accessibles à tous, des lieux underground, (voire interdits au public) des lieux que tu dois chercher. Le but étant de ne pas imposer une idée dans le lieu public. Lieu public auquel il est attentif . 

école et Mur de Bordeaux, enfant et renard de Ruben Carrasco

« Ici on est près d’une école et je veux que le message touche aussi les enfants. J’aime peindre dans l’idée philosophique. On est sur cette planète et ici nous sommes l’artifice de la nature, et même si on ne fait rien on affecte toujours la nature. Je veux faire le minimum d’impact. J’essaye donc de faire attention aux produits et utiliser le minimum »

Donc pas de bombe et très peu de couleurs sont utilisées.

RUBEN CARRASCO: UNE TECHNIQUE PRIVILÉGIÉE

Il s’agit d’une technique de peinture, le Drybrush, aussi appelée « technique du pinceau sec ». Les artistes qui utilisent cette technique vont généralement la réaliser plutôt en « étape dans un processus de réalisation ». Ils vont ensuite utiliser différentes couches de peintures et épaisseurs, différents pinceaux pour une réalisation formelle « académique ». C’est donc pour eux une utilisation partielle dans un processus.

Ruben Carrasco l’utilise complètement. Il la décrit comme une technique utile et facile.  Pour ce MUR de 35m2 il aura utilisé 350 ml de peinture et trois pinceaux. En revanche c’est un procédé avec lequel il n’a pas droit à l’erreur : il est très compliqué, voire impossible de repasser une fois le mouvement effectué.

L’EXPOSITION NEOSHAMANS : UN REGARD SUR L’INTERACTION DE L’HOMME AVEC LA PLANÈTE.

Ruben Carrasco à grandit entre la campagne et la ville, il a été sensibilisé très jeune à la chasse et à l’agriculture. « Par ces activités, j’ai eu une interaction directe avec la nature, je suis sensible au regard qu’on peut avoir sur celle-ci et également à la beauté des animaux. La « beauté » c’est le regard humain, mais pour l’animal elle fait partie de sa biologie, car elle influence la survie de certaines espèces. Et c’est intéressant cette idée d’un esthétisme pas nécessairement au service du fait de plaire. »

Ruben Carrasco Neo Shamans
Neo Shamans, Ruben Carrasco
Photo Tézia

L’exposition Neoshamans qui est visible jusqu’au 12 octobre prochain à la galerie Pole Magnetic Artlab se structure autour de deux façons d’interagir avec la planète : l’aspect scientifique et aspect chamanique. Une partie pragmatique et une autre métaphysique qui se joue autour de « l’humain », qui reste soit un « super scientifique soit un super chaman ».

« J’essaie donc de montrer comment on peut tomber sur la dévalorisation de certains points de la nature car notre regard reste humain. Scientifique ou chaman il reste emprunt de nos normes et de notre statut social.On pense avoir le « Pouvoir » par la connaissance, Mais que connaît on vraiment ? Aussi on croit que par la connaissance on avance, mais est ce qu’on avance vraiment ? »

Ainsi, il compose avec la nature, l’interaction spirituelle, la contemplation, l’empathie avec cette nature qu’on ne connaît pas vraiment, dans un contexte futuriste.

LAST FOREST DREAMER : UN RENARD QUI DORT ?

« Je trouvais que cette position donnait une forme de paix. Il y a une certaine beauté dans un corps mort ou endormi car il prend une place différente, sans tension. J’ai trouvé l’Inspiration dans le fait que chacun va se questionner différemment selon son inspiration : il dort ou il est mort selon l’interprétation de chacun, bien que mort il ne serait pas dans cette position, sauf si il était inconscient. Alors l’interprétation est vraiment libre. »

Il y a deux messages que Ruben Carrasco sous-tend avec Last Forest Dreamer : d’un côté la beauté du renard et de l’autre les arbres coupés qui signifient la déforestation. Une idée esthétique pour attirer l’attention, puis un second regard où quelques personnes vont se poser des questions parfois dérangeantes avec cette idée de mort possible.

On vous laisse donc faire votre propre interprétation en vous rendant au MUR!

INFORMATIONS UTILES POUR Ruben CARRASCO:

Bordeaux StreetCulture Remercie Ruben, Alla, Pierre et Claudio